Respirer !


La respiration occupe en ce moment le devant de la scène. Y consacrer quelque attention peut procurer détente et quiétude.

Pour cela, vous aurez besoin d’un tapis de gymnastique assez épais pour vous allonger sur le sol et de quelques livres à placer sous votre tête quand vous serez allongé(e). A défaut de tapis de gym, une couverture pliée en deux ou en quatre (selon son épaisseur), ou un simple tapis bien moelleux fera l’affaire.

S’allonger sur le tapis, plier les genoux, les pieds dans l’alignement du bassin. Mettre des livres sous l’arrière de la tête, en laissant un espace sous le cou ; les livres ne doivent pas toucher le cou. Si la tête part vers l’arrière contre le sol il n’y a pas assez de livres ; si le menton comprime l’avant du cou, il y en a trop ; à la bonne hauteur, la face est à peu près parallèle au sol, et l’on peut respirer facilement.

Poser les mains sur le ventre, les creux des paumes contre le bord des côtes, les doigts sur les viscères. Ne rien faire, porter attention à la respiration, pendant plusieurs minutes.

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Maintenant, sur une expiration (ou deux… pas plus), sourire, soupirer en chuchotant la syllabe « ahhhh » tout doucement, ne pas trop vider les poumons. Laisser l’air entrer dans les poumons, plutôt par le nez, en pensant que l’inspiration se fait toute seule. Revenir à une respiration sans « ahhhh ».

Apprécier le plaisir d’avoir laissé le corps s’oxygéner en inspirant sans intervenir.

Observer si des changements sont apparus dans le corps : plus de détente, respiration plus calme, autres … Éventuellement, recommencer le processus, une ou deux fois, en laissant du temps entre les soupirs !

La respiration naturelle demande très peu d’effort :

  • à l’expiration, une légère contraction de la ceinture abdominale et des côtes fait remonter le diaphragme et vide les poumons de l’air chargé de gaz carbonique
  • à l’inspiration, nous sommes aidés par la pression atmosphérique, et il n’y a rien à faire pour que l’air riche en oxygène emplisse les poumons.

 

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Calme – 1-


En ces temps de confinement, s’offrir de l’espace intérieur peut s’avérer bénéfique pour l’organisme.

Vous pouvez expérimenter la connexion de différentes parties de votre corps, la détente musculaire et mentale, une circulation calme et harmonieuse de votre énergie. Vous devriez en retirer une sensation de bien-être et de tonicité de toute votre personne. Vous aurez besoin d’un tapis de gymnastique un peu épais et de quelques livres. A défaut de tapis de gym, une couverture pliée en deux ou en quatre (selon son épaisseur), ou un simple tapis bien moelleux fera l’affaire.

1. Avant de commencer, attendre quelques instants, debout, sans rien faire. Penser à quelque chose de serein et agréable ;  sourire. S’asseoir sur le tapis de gymnastique, les genoux repliés. Rester ainsi quelques instants, détendu(e).

2. S’étendre à terre sur le dos, lentement , en s’aidant des avant-bras, et en pensant que le dos se déroule. Les genoux restent repliés. Les pieds, bien étalés sur le sol, sont écartés d’une distance à peu près égale à la largeur des hanches. Si les genoux sont pliés, c’est pour permettre une position confortable pour le bas du dos. Installer quelques livres sous la tête. Régler la hauteur pour ne pas écraser la gorge ni avoir la tête basculée vers l’arrière, et ainsi respecter la courbure naturelle du cou. Cet appui-tête ne touche pas le cou. Poser les mains sur le ventre, de part et d’autre du nombril, les paumes touchant les côtes.

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Dans cette position, rester tranquille, ne rien faire.

3. Porter maintenant attention aux 9 points d’appui du corps sur le sol : l’arrière de la tête, les 2 omoplates, les 2 coudes, les 2 hanches, les 2 pieds. Soulever le bassin légèrement de quelques centimètres, en s’aidant des pieds, et revenir en position allongée. Surtout, ne pas forcer. L’espace entre les vertèbres lombaires et le sol a peut-être changé. Accepter d’être soutenu par le sol, et penser à détendre toutes les parties du corps :

  • respirer lentement, le plus naturellement possible, sans effort,
  • desserrer les mâchoires,
  • relaxer les muscles,
  • relâcher les articulations : épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles
  • laisser venir les soupirs et les bâillements, signes de repos du corps.

4. Vous pouvez maintenant vous « donner des directions », c’est à dire diriger votre pensée vers votre corps.

Penser : « Je permets à mon cou d’être libre ». Si des tensions sont observables dans les muscles du cou, attendre que la partie tendue se relâche. Au  besoin renouveler la pensée ; ne rien faire d’autre, juste  laisser faire.

Puis penser :

« Je laisse ma tête se diriger loin de mes épaules et de ma colonne vertébrale… » (en position debout, la tête se dirigerait vers l’avant et vers le haut). Il se peut que la tête bouge légèrement sur les livres, mais ne pas chercher pas à vouloir qu’elle bouge.

Enfin, penser : « Je laisse mon dos s’allonger et s’élargir ». Laisser vos pensées imprégner toute votre personne, en imaginant que la colonne vertébrale se déroule un peu plus dans le sol à chaque expiration, mais sans rien faire pour cela se produise. Imaginer, sans les bouger, que les  épaules s’éloignent l’une de l’autre.

5. Après quelques instants (une dizaine de minutes ou un peu plus), pour se remettre debout, il est important de bouger lentement, de préserver la détente du corps.

Rouler doucement sur le côté et  se mettre dans la position à quatre pattes.

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Puis se mettre à genoux, avancer  un pied et se relever en pensant que la tête guide l’opération, dans un mouvement souple vers l’avant et vers le haut.

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En résumé, il s’agit d’un travail sur la pensée dans le corps :

  • « permettre à mon cou d’être libre »,
  • « pour laisser ma tête se diriger vers l’avant et vers le haut …»,
  • «…et  mon dos s’allonger et s’élargir »,

dans une attitude de détente, en refusant le « vouloir-faire « , au profit du « laisser-faire ».

 

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Calme !


janvier 2014

 

En ces temps de confinement, la toile fleurit de propositions de « choses à faire » pour tromper l’ennui.

A-t-on pensé aux « choses à ne pas faire », avec pour possible conséquence d’apprivoiser l’inhabituel inconnu ? Par exemple, tenez :

  • effondrer sa cage thoracique vers le bassin lorsque l’on s’assoit
  • bloquer sa respiration dès que l’on se sent contrarié
  • massacrer ses vertèbres lombaires dans les gestes quotidiens
  • s’asseoir comme d’habitude devant son écran
  • éviter le repos parce qu’on n’a pas fait grand chose
  • bouger avec précipitation
  • parler pour ne rien dire
  • croire que l’on est chargé quand  on n’a rien à faire
  • négliger son corps
  • dédaigner son discours intérieur
  • vouloir tout faire comme à l’accoutumée
  • laisser la peur nous submerger sans l’accepter et l’observer
  • etc

Toutes vos propositions sont les bienvenues, à condition de ne pas répondre immédiatement à ce message, de prendre votre temps … De toute manière, vous ferez comme vous voudrez.

 

 

 

C’est dur …


…aujourd’hui peut-être, demain ce sera vachement mieux » (Début de la chanson « Aujourd’hui la crise » de Jaques Higelin).
Parfois, mes élèves, au cours d’une leçon de Technique Alexander, m’annoncent « c’est dur » avant de travailler sur un processus simple comme se tenir en équilibre sur une jambe, s’accroupir, éviter de bloquer la respiration pendant un mouvement, … ! Je les invite alors à marquer un temps d’arrêt et remplacer cette pensée par « c’est inhabituel ».
L’hypothèse est que lorsque l’on pense « c’est dur », alors que l’on n’a encore rien fait, on s’est déjà tendu, crispé, arc-bouté pour faire face à la difficulté (même si les mouvements externes sont infimes, même si la difficulté est plus perçue que réelle).
Toute tension mentale se traduit par une tension physique.
Puis  je propose de compléter cette pensée par une système de pensées centré sur eux-mêmes, à savoir « Je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête de se diriger vers l’avant et vers le haut, et à mon dos de s’allonger et s’élargir. » Ces pensées sont une occasion de stimuler l’ouverture, l’expansion, la détente, notamment avec les mots « laisser », « permettre », et les idées du dos qui s’allonge (c’est à dire que les vertèbres ne sont pas tassées) et s’élargit (les épaules ne sont pas resserrées vers l’avant avec le torse avachi ou tirées vers l’arrière comme dans un garde-à-vous ).
Cela veut-il dire que la Technique Alexander nous incite à méconnaître les difficultés ? Évidemment non : marquer un temps d’arrêt, et revenir à soi avec des pensées constructives a pour conséquence de développer notre attention, à nous-même comme à ce qui nous entoure. Notre capacité à raisonner et à accomplir avec plus de calme les choses difficiles ou perçues comme difficiles en sera développée.
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Désirer et accepter


Dans notre vie,  des choses fonctionnent, d’autres pas.

Faisons l’hypothèse que toutes nos activités, ou la plupart, sont orientées vers la recherche de notre bonheur, et que notre bonheur tend à se réaliser lorsqu’un de nos désirs est satisfait.

Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, je peux me sentir frustré, désemparé, et vouloir que tout aille « bien ». Cette tension mentale va se répercuter physiquement, et je vais probablement serrer mes épaules l’une contre l’autre ; mon dos va se rétrécir. Si j’accepte la situation, j’évite le tension mentale et je peux permettre à mon dos de s’élargir. Je reprends contact avec mon fonctionnement naturel ; l’usage de moi-même devient plus  juste.

De même, lorsque je désire quelque chose, je peux penser à tous les obstacles qui s’opposent à la réalisation de mon souhait. Cette pensée limitante peut se répercuter physiquement et m’inviter à l’avachissement, l’effondrement. Ma colonne vertébrale va probablement se raccourcir. Si je m’offre la liberté de penser que mon désir peut être accessible, et si je fais confiance à ma compétence à accepter la situation dans le cas contraire, je permets à ma colonne de s’allonger, et je me recentre avec un usage de moi-même correct.

En d’autres termes, je peux associer désirer et allonger, accepter et élargir.

 

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