Calme !


janvier 2014

 En ces temps d’incertitude, la toile fleurit de propositions de « choses à faire » pour assurer la rentrée dans un contexte parfois anxiogène !

  • effondrer sa cage thoracique vers le bassin lorsque l’on s’assoit
  • bloquer sa respiration dès que l’on se sent contrarié
  • massacrer ses vertèbres lombaires dans les gestes quotidiens
  • s’effondrer comme d’habitude devant son écran
  • éviter le repos quand on est fatigué
  • parler à toute vitesse
  • se jeter sur son smartphone à tout bout de champ
  • négliger son corps
  • etc

Toutes vos propositions sont les bienvenues, et vous pouvez ne pas répondre immédiatement à ce message, prendre votre temps … Faites ce que vous voudrez !

Respirer !


Consacrer un temps quotidien à votre respiration peut vous offrir détente et quiétude.

Pour cela, vous aurez besoin d’un tapis de gymnastique assez épais pour vous allonger sur le sol et de quelques livres à placer sous votre tête quand vous serez allongé(e). A défaut de tapis de gym, une couverture pliée en deux ou en quatre (selon son épaisseur), ou un simple tapis bien moelleux fera l’affaire.

S’allonger sur le tapis, plier les genoux, les pieds dans l’alignement du bassin. Mettre des livres sous l’arrière de la tête, en laissant un espace sous le cou ; les livres ne doivent pas toucher le cou. Si la tête part vers l’arrière contre le sol il n’y a pas assez de livres ; si le menton comprime l’avant du cou, il y en a trop ; à la bonne hauteur, la face est à peu près parallèle au sol, et l’on peut respirer facilement.

Poser les mains sur le ventre, les creux des paumes contre le bord des côtes, les doigts sur les viscères. Ne rien faire, porter attention à la respiration, pendant plusieurs minutes.

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Maintenant, sur une expiration (ou deux… pas plus), sourire, soupirer en chuchotant la syllabe « ahhhh » tout doucement, ne pas trop vider les poumons. Laisser l’air entrer dans les poumons, plutôt par le nez, en pensant que l’inspiration se fait toute seule. Revenir à une respiration sans « ahhhh ».

Apprécier le plaisir d’avoir laissé le corps s’oxygéner en inspirant sans intervenir.

Observer si des changements sont apparus dans le corps : plus de détente, respiration plus calme, autres … Éventuellement, recommencer le processus, une ou deux fois, en laissant du temps entre les soupirs !

La respiration naturelle demande très peu d’effort :

  • à l’expiration, une légère contraction de la ceinture abdominale et des côtes fait remonter le diaphragme et vide les poumons de l’air chargé de gaz carbonique

  • à l’inspiration, nous sommes aidés par la pression atmosphérique, et il n’y a rien à faire pour que l’air riche en oxygène emplisse les poumons.

 

Vous pouvez télécharger ce texte : Blog-2020-03-31 , ou un document plus détaillé sur la manière de travailler : Repos-actif

Écrans


Au courrier ce matin, cette courte vidéo. je crois qu’elle est connue sur les « réseaux sociaux », comme l’on dit. Néanmoins, c’est un bon rappel. Des habitudes nuisibles à notre dos nous font souvent oublier quelques fondamentaux simples pour le protéger.

Rentrée


Après une absence de plusieurs années, je reprends mon blog dédié à la Technique Alexander. En cette rentrée, un souvenir de vacances. Lors d’un stage de musique, en juillet, j »avais proposé de partager quelques informations sur la technique Alexander avec le groupe de musiciens. Une violoniste qui souhaite étudier aussi l’alto à partir de septembre me demande conseil pour la tenue d’un instrument plus grand et plus lourd que son violon. Elle prend son alto, son archet et avant même qu’elle ne joue, je lui demande de poser l’instrument. Nous travaillons sur la manière dont elle s’utilise, quelle que soit l’action à accomplir. Nous découvrons qu’une de ses habitudes posturale en position debout consiste à se tenir les jambes assez écartées, pieds en V prononcé, plus de poids corporel sur les talons que sur l’avant des pieds. Avec pour conséquences des tensions dans le dos, une cambrure exagérée du dos au niveau des lombaires, et un corps légèrement penché vers l’arrière.

Nous travaillons à détendre les muscles de son cou, diriger la tête vers l’avant et vers le haut, modifier l’équilibre pour répartir le poids du corps sur toute la plante des pieds. Reprenant l’instrument, elle se sent plus détendue et le trouve moins pesant … Sur la vingtaine de minutes consacrée à sa demande, elle aura tenu l’instrument moins de cinq minutes.

En Technique Alexander, tant que nous n’avons pas dirigé notre organisme de manière à respecter la courbe naturelle de notre dos, le but à atteindre est à l’arrière plan, l’action attend que notre meilleur outil, à savoir nous-même, soit prêt.

C’est dur …


…aujourd’hui peut-être, demain ce sera vachement mieux » (Début de la chanson « Aujourd’hui la crise » de Jaques Higelin).
Parfois, mes élèves, au cours d’une leçon de Technique Alexander, m’annoncent « c’est dur » avant de travailler sur un processus simple comme se tenir en équilibre sur une jambe, s’accroupir, éviter de bloquer la respiration pendant un mouvement, … ! Je les invite alors à marquer un temps d’arrêt et remplacer cette pensée par « c’est inhabituel ».
L’hypothèse est que lorsque l’on pense « c’est dur », alors que l’on n’a encore rien fait, on s’est déjà tendu, crispé, arc-bouté pour faire face à la difficulté (même si les mouvements externes sont infimes, même si la difficulté est plus perçue que réelle).
Toute tension mentale se traduit par une tension physique.
Puis  je propose de compléter cette pensée par une système de pensées centré sur eux-mêmes, à savoir « Je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête de se diriger vers l’avant et vers le haut, et à mon dos de s’allonger et s’élargir. » Ces pensées sont une occasion de stimuler l’ouverture, l’expansion, la détente, notamment avec les mots « laisser », « permettre », et les idées du dos qui s’allonge (c’est à dire que les vertèbres ne sont pas tassées) et s’élargit (les épaules ne sont pas resserrées vers l’avant avec le torse avachi ou tirées vers l’arrière comme dans un garde-à-vous ).
Cela veut-il dire que la Technique Alexander nous incite à méconnaître les difficultés ? Évidemment non : marquer un temps d’arrêt, et revenir à soi avec des pensées constructives a pour conséquence de développer notre attention, à nous-même comme à ce qui nous entoure. Notre capacité à raisonner et à accomplir avec plus de calme les choses difficiles ou perçues comme difficiles en sera développée.
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