Laisser mon cou libre …


Mes élèves me demandent parfois comment ils peuvent repérer que les muscles de leur cou sont détendus ; c’est important, puisque c’est le point de départ de l’élimination des tensions inutiles.

Ma réponse évoque plusieurs directions :

  1. faire confiance à la pensée : si je me dis que je laisse mon cou libre, avec une pensée délicate, sereine, et que je prends mon temps, la directive ainsi formulée va s’exécuter dans mon corps, comme chacun des ordres que je me donne en permanence dans la vie (bouger mes jambes pour marcher, mouvoir mes bras pour prendre des objets, écrire,…bouger ma tête pour regarder dans diverses directions…arrêtons la liste, elle est infinie)
  2. repérer les moments où le cou est tendu (crispation, douleur) ; avec un peu d’entraînement en Technique Alexander, nous devenons sensible à ces observations de notre corps ; par différence, j’apprends à identifier les moments de détente
  3. mettre en pratique le repos actif : en position allongée, les genoux repliés, la tête légèrement rehaussée par quelques livres, profiter du soutien de tout le corps et de la tête en particulier pour laisser les muscles du cou se détendre (voir le document : Repos actif)
  4. observer son fonctionnement : si je suis tendus, physiquement ou mentalement, c’est le signe que mon usage de moi-même n’est pas optimal, et donc mon cou n’est pas libre ; alors, je me donne un temps d’arrêt pour me recentrer
  5. se donner du temps : avec la pratique de la Technique Alexander, je stimule des mécanismes psycho-physiques de fonctionnement naturel de l’être humain ; dans la durée, je deviens compétent pour entrer en contact avec cette relation dynamique tête-cou-dos, source d’une utilisation correcte de moi-même et d’un fonctionnement juste, et avec laquelle je vivais en permanence étant enfant.

Soins…


Les leçons de Technique Alexander peuvent avoir une répercussion positive sur la santé (moins de fatigue, de mal dans le dos, de migraines…).

Cependant la Technique Alexander est une éducation, en aucun cas un soin.

D’où viennent donc ces retombées à tendance thérapeutique ?

Si je retrouve une relation dynamique tête/cou/dos naturelle, j’évite de m’avachir, de comprimer mon corps. En conséquence, les systèmes vitaux de l’organisme (respiration, digestion, système nerveux, etc) ne sont plus entravées par des interactions inutiles avec leur fluidité naturelle. Et toute ma personne (corps et pensée) fonctionne plus correctement.

Mélanges…


Une de mes élèves se plaint de douleurs dans l’épaule gauche et le haut du bras gauche. Son médecin lui a prescrit des séances de kinésithérapie. Le kinésithérapeute pense que le mal vient de “l’usure de l’articulation” (due à l’âge, mon élève a 87 ans). Le fait que la douleur se manifeste par crises serait probablement du à une inflammation. Il fait un travail de petits mouvements du bras gauche, en recommandant à la personne de se détendre, pour éviter de stimuler la douleur en contractant l’articulation. J’ai parlé avec lui : il a observé qu’avec le travail de Technique Alexander, sa patiente était plus détendue.

Pendant les leçons de Technique Alexander, je travaille beaucoup sur la relation dynamique tête/cou/dos, et j’encourage le relâchement du cou de mon élève. J’ai rapidement renoncé à tout travail spécifique sur le bras gauche, laissant ce soin au kinésithérapeute.

Les douleurs de notre élève/patiente ont beaucoup diminué ces derniers temps.

Je crois à la complémentarité entre la formation en Technique Alexander et les soins pour venir à bout de certaines douleurs.

Surprise !


Alors que j’avais invité une de mes élèves à réfléchir, entre deux leçons, à la manière dont elle se tient devant son écran d’ordinateur lorsqu’elle travaille, à la leçon suivante, elle me demande mon avis sur sa manière de marcher…Après que j’eus observé qu’elle marchait de manière dirigée (notamment avec la tête qui guide les mouvements de marche et avec toute la longueur de son dos), nous avons convenu qu’elle avait évolué dans la bonne direction depuis le début de ses leçons. Et je me suis réjoui (intérieurement, sans formuler de commentaires) qu’elle ait décidé de porter son attention sur la marche, plutôt que de suivre docilement ma recommandation. Une belle preuve d’autonomie et d’esprit d’initiative, cohérente avec l’enseignement de la Technique Alexander !