Succès !


Je suis toujours heureux lorsqu’un(e) élève m’annonce la réussite d’un projet auquel il (elle) tient : son concours de musique, sa promotion, l’obtention d’un nouveau travail plus conforme à ses aspirations…Ce qui m’interpelle est lorsqu’il (elle) ajoute : « C’est grâce à la Technique Alexander ».

Dans notre travail, nous mettons l’accent sur les moyens par lesquels une action est accomplie, laissant le résultat au second plan. S’il est conforme au but, c’est la bonne surprise ; s’il ne l’est pas, nous avons appris quelque chose sur notre manière d’être et de fonctionner, et nous pouvons progresser.

Alors, pratiquer la Technique Alexander pour améliorer ses performances risque de réveiller une habitude fréquemment répandue et encouragée : mettre toute notre énergie vers l’objectif.

On applique cette méthode pour développer un usage de soi correct ; la performance, souvent au rendez-vous, parfois inattendue, est un effet secondaire. Il suffit de travailler son usage, de travailler dans son domaine avec un bon usage, et un jour elle est là.

 

OUF !!


Je viens de terminer la migration de mon site Web chez un hébergeur moins cher que le précédent. Cela a nécessité de passer presque toute la journée devant l’écran, grande occasion de penser à la Technique Alexander :

  • faire des pauses, surtout quand cela ne se passe pas comme prévu
  • observer en permanence la hauteur de mes yeux par rapport à l’écran
  • garder les pieds bien en contact avec le sol (éviter de croiser les jambes !!)
  • veiller à maintenir le dos allongé, sans tirer, sans vouloir se « tenir droit », en laissant juste la courbe naturelle de la colonne vertébrale s’exprimer
  • et surtout : penser régulièrement à relâcher les muscles externes du cou, en commençant par la nuque…

Aïe [2]


La semaine dernière, il m’est arrivé deux expériences intéressantes : en début de leçon, deux de mes élèves se plaignaient de douleurs, la partie droite du  cou et une raideur dans la jambe droite pour l’un, un point douloureux à la hanche gauche et une jambe gauche sensible pour l’autre.

Plutôt que de nous intéresser à la zone douloureuse, nous avons commencé par ne rien faire, juste se tenir debout calmement, prendre contact avec l’environnement extérieur au moyen d’un regard périphérique, prendre contact avec soi en respirant doucement. Puis nous avons prolongé ce temps d’arrêt par quelques mouvements très simples, s’asseoir et se lever, sur un ballon de gymnastique tenant lieu de chaise, puis sur un tabouret, mouvements empreints de non-faire et de directions (penser à la liberté des muscles de son cou, permettre à sa tête de se diriger vers l’avant et vers le haut…)

Après une vingtaine de minutes de travail, l’un comme l’autre élève, étonné (e) – une leçon s’adressait à un homme, une autre à une femme -, me fait remarquer qu’il ne ressent plus de douleur.

Cela a provoqué pour moi plusieurs pensées :

1. La Technique Alexander n’est pas une médecine ni un soin, et si elle soulage parfois certaines douleurs, ce n’est que la conséquence d’une utilisation de soi qui évite les efforts excessifs, et invite à relâcher les tensions inutiles.

2. Il y a probablement un mécanisme qui renforce certaines douleurs : la douleur crée de la tension ; le corps n’aime pas souffrir, alors il met en place de manière incontrôlée des processus de compensation, qui génèrent d’autres tensions qui renforcent la douleur etc. Si l’on commence par ne rien faire et relâcher tout ce qui peut l’être, cette mécanique de développement de tensions qui renforcent la douleur s’arrête, ou s’apaise.

3. C’est pourquoi il est important d’utiliser une méthode indirecte, de s’intéresser à la globalité tête/cou/dos et d’oublier un temps soi peu la douleur, même si cela peut sembler étrange à l’élève en début de leçon.

4. Restons très prudents : il est important de dialoguer avec les élèves à propos de la douleur et de les inviter à consulter un médecin si les douleurs persistent. Les pathologies relèvent de la médecine. Seuls quelques troubles musculaires peuvent être soulagés par une méthode psycho-corporelle comme notre Technique Alexander.

5. Dans certains cas, la combinaison soin (kiné, ostéopathie, médicaments…) et Technique Alexander pourra donner des résultats probants : si l’on s’utilise correctement, on profite mieux des soins que l’on décide d’appliquer.

Printemps !


Avec les beaux jours beaucoup d’entre nous portent des sandales et dénudent leurs pieds. C’est peut-être une occasion d’observation : observons, en position debout,  cette partie de notre corps qui nous soutient sur le sol.

Comment notre plante de pied est-elle en contact avec le sol : est-ce que notre poids se répartit de manière équilibrée entre l’avant des pieds et les talons ; sinon ou se porte-t-il ?

L’intérieur et l’extérieur de chaque pied sont-ils dans le même contact avec le sol (à peu près, l’auto-observation n’est pas une science exacte) ? Sinon, avons-nous tendance à porter notre poids vers l’intérieur, vers l’extérieur ?

Et nos orteils ? Sont-ils allongés, déployés en une ligne à peine courbe et harmonieuse, mobiles, ou bien sont-ils crispés, crochetés ?

Observons, de la manière la plus neutre possible. Et nous pouvons penser que si notre poids est mal réparti et nos orteils crispés, il y a certainement des tensions inutiles dans notre corps, sources d’efforts musculaires nuisibles et de déséquilibre.

Un retour aux fondamentaux de la Technique Alexander (relation dynamique tête/cou/dos) ne sera probablement pas inutile.

Laisser mon cou libre …


Mes élèves me demandent parfois comment ils peuvent repérer que les muscles de leur cou sont détendus ; c’est important, puisque c’est le point de départ de l’élimination des tensions inutiles.

Ma réponse évoque plusieurs directions :

  1. faire confiance à la pensée : si je me dis que je laisse mon cou libre, avec une pensée délicate, sereine, et que je prends mon temps, la directive ainsi formulée va s’exécuter dans mon corps, comme chacun des ordres que je me donne en permanence dans la vie (bouger mes jambes pour marcher, mouvoir mes bras pour prendre des objets, écrire,…bouger ma tête pour regarder dans diverses directions…arrêtons la liste, elle est infinie)
  2. repérer les moments où le cou est tendu (crispation, douleur) ; avec un peu d’entraînement en Technique Alexander, nous devenons sensible à ces observations de notre corps ; par différence, j’apprends à identifier les moments de détente
  3. mettre en pratique le repos actif : en position allongée, les genoux repliés, la tête légèrement rehaussée par quelques livres, profiter du soutien de tout le corps et de la tête en particulier pour laisser les muscles du cou se détendre (voir le document : Repos actif)
  4. observer son fonctionnement : si je suis tendus, physiquement ou mentalement, c’est le signe que mon usage de moi-même n’est pas optimal, et donc mon cou n’est pas libre ; alors, je me donne un temps d’arrêt pour me recentrer
  5. se donner du temps : avec la pratique de la Technique Alexander, je stimule des mécanismes psycho-physiques de fonctionnement naturel de l’être humain ; dans la durée, je deviens compétent pour entrer en contact avec cette relation dynamique tête-cou-dos, source d’une utilisation correcte de moi-même et d’un fonctionnement juste, et avec laquelle je vivais en permanence étant enfant.