Rentrée


Après une absence de plusieurs années, je reprends mon blog dédié à la Technique Alexander. En cette rentrée, un souvenir de vacances. Lors d’un stage de musique, en juillet, j »avais proposé de partager quelques informations sur la technique Alexander avec le groupe de musiciens. Une violoniste qui souhaite étudier aussi l’alto à partir de septembre me demande conseil pour la tenue d’un instrument plus grand et plus lourd que son violon. Elle prend son alto, son archet et avant même qu’elle ne joue, je lui demande de poser l’instrument. Nous travaillons sur la manière dont elle s’utilise, quelle que soit l’action à accomplir. Nous découvrons qu’une de ses habitudes posturale en position debout consiste à se tenir les jambes assez écartées, pieds en V prononcé, plus de poids corporel sur les talons que sur l’avant des pieds. Avec pour conséquences des tensions dans le dos, une cambrure exagérée du dos au niveau des lombaires, et un corps légèrement penché vers l’arrière.

Nous travaillons à détendre les muscles de son cou, diriger la tête vers l’avant et vers le haut, modifier l’équilibre pour répartir le poids du corps sur toute la plante des pieds. Reprenant l’instrument, elle se sent plus détendue et le trouve moins pesant … Sur la vingtaine de minutes consacrée à sa demande, elle aura tenu l’instrument moins de cinq minutes.

En Technique Alexander, tant que nous n’avons pas dirigé notre organisme de manière à respecter la courbe naturelle de notre dos, le but à atteindre est à l’arrière plan, l’action attend que notre meilleur outil, à savoir nous-même, soit prêt.

Succès !


Je suis toujours heureux lorsqu’un(e) élève m’annonce la réussite d’un projet auquel il (elle) tient : son concours de musique, sa promotion, l’obtention d’un nouveau travail plus conforme à ses aspirations…Ce qui m’interpelle est lorsqu’il (elle) ajoute : « C’est grâce à la Technique Alexander ».

Dans notre travail, nous mettons l’accent sur les moyens par lesquels une action est accomplie, laissant le résultat au second plan. S’il est conforme au but, c’est la bonne surprise ; s’il ne l’est pas, nous avons appris quelque chose sur notre manière d’être et de fonctionner, et nous pouvons progresser.

Alors, pratiquer la Technique Alexander pour améliorer ses performances risque de réveiller une habitude fréquemment répandue et encouragée : mettre toute notre énergie vers l’objectif.

On applique cette méthode pour développer un usage de soi correct ; la performance, souvent au rendez-vous, parfois inattendue, est un effet secondaire. Il suffit de travailler son usage, de travailler dans son domaine avec un bon usage, et un jour elle est là.

 

OUF !!


Je viens de terminer la migration de mon site Web chez un hébergeur moins cher que le précédent. Cela a nécessité de passer presque toute la journée devant l’écran, grande occasion de penser à la Technique Alexander :

  • faire des pauses, surtout quand cela ne se passe pas comme prévu
  • observer en permanence la hauteur de mes yeux par rapport à l’écran
  • garder les pieds bien en contact avec le sol (éviter de croiser les jambes !!)
  • veiller à maintenir le dos allongé, sans tirer, sans vouloir se « tenir droit », en laissant juste la courbe naturelle de la colonne vertébrale s’exprimer
  • et surtout : penser régulièrement à relâcher les muscles externes du cou, en commençant par la nuque…

Aïe [2]


La semaine dernière, il m’est arrivé deux expériences intéressantes : en début de leçon, deux de mes élèves se plaignaient de douleurs, la partie droite du  cou et une raideur dans la jambe droite pour l’un, un point douloureux à la hanche gauche et une jambe gauche sensible pour l’autre.

Plutôt que de nous intéresser à la zone douloureuse, nous avons commencé par ne rien faire, juste se tenir debout calmement, prendre contact avec l’environnement extérieur au moyen d’un regard périphérique, prendre contact avec soi en respirant doucement. Puis nous avons prolongé ce temps d’arrêt par quelques mouvements très simples, s’asseoir et se lever, sur un ballon de gymnastique tenant lieu de chaise, puis sur un tabouret, mouvements empreints de non-faire et de directions (penser à la liberté des muscles de son cou, permettre à sa tête de se diriger vers l’avant et vers le haut…)

Après une vingtaine de minutes de travail, l’un comme l’autre élève, étonné (e) – une leçon s’adressait à un homme, une autre à une femme -, me fait remarquer qu’il ne ressent plus de douleur.

Cela a provoqué pour moi plusieurs pensées :

1. La Technique Alexander n’est pas une médecine ni un soin, et si elle soulage parfois certaines douleurs, ce n’est que la conséquence d’une utilisation de soi qui évite les efforts excessifs, et invite à relâcher les tensions inutiles.

2. Il y a probablement un mécanisme qui renforce certaines douleurs : la douleur crée de la tension ; le corps n’aime pas souffrir, alors il met en place de manière incontrôlée des processus de compensation, qui génèrent d’autres tensions qui renforcent la douleur etc. Si l’on commence par ne rien faire et relâcher tout ce qui peut l’être, cette mécanique de développement de tensions qui renforcent la douleur s’arrête, ou s’apaise.

3. C’est pourquoi il est important d’utiliser une méthode indirecte, de s’intéresser à la globalité tête/cou/dos et d’oublier un temps soi peu la douleur, même si cela peut sembler étrange à l’élève en début de leçon.

4. Restons très prudents : il est important de dialoguer avec les élèves à propos de la douleur et de les inviter à consulter un médecin si les douleurs persistent. Les pathologies relèvent de la médecine. Seuls quelques troubles musculaires peuvent être soulagés par une méthode psycho-corporelle comme notre Technique Alexander.

5. Dans certains cas, la combinaison soin (kiné, ostéopathie, médicaments…) et Technique Alexander pourra donner des résultats probants : si l’on s’utilise correctement, on profite mieux des soins que l’on décide d’appliquer.

Printemps !


Avec les beaux jours beaucoup d’entre nous portent des sandales et dénudent leurs pieds. C’est peut-être une occasion d’observation : observons, en position debout,  cette partie de notre corps qui nous soutient sur le sol.

Comment notre plante de pied est-elle en contact avec le sol : est-ce que notre poids se répartit de manière équilibrée entre l’avant des pieds et les talons ; sinon ou se porte-t-il ?

L’intérieur et l’extérieur de chaque pied sont-ils dans le même contact avec le sol (à peu près, l’auto-observation n’est pas une science exacte) ? Sinon, avons-nous tendance à porter notre poids vers l’intérieur, vers l’extérieur ?

Et nos orteils ? Sont-ils allongés, déployés en une ligne à peine courbe et harmonieuse, mobiles, ou bien sont-ils crispés, crochetés ?

Observons, de la manière la plus neutre possible. Et nous pouvons penser que si notre poids est mal réparti et nos orteils crispés, il y a certainement des tensions inutiles dans notre corps, sources d’efforts musculaires nuisibles et de déséquilibre.

Un retour aux fondamentaux de la Technique Alexander (relation dynamique tête/cou/dos) ne sera probablement pas inutile.