Parfois, mes élèves me disent que les “exercices” de Technique Alexander leur sont utiles ou leur font du bien. Je suis alors amené à reprendre leur expression : Alexander refusait le terme d’exercices pour qualifier la pratique de sa Technique. Il s’agit de processus (ou “procédures”, dans le sens “méthodes”, pas dans le sens juridique bien-sûr). La nuance peut sembler futile. Il n’en n’est rien : le danger de parler d’exercices est l’analogie avec les exercices de gymnastique, que l’on exécute systématiquement, avec l’idée de bien les faire et d’en faire le plus possible, pour se muscler, s’assouplir, s’étirer, etc. Les exercices sont centrés sur le but, le “faire”. La Technique Alexander est une approche par les moyens, le non-faire, la conscience de ce qui se passe. Dès que nous observons que notre cou se raidit, que notre tête cesse de se diriger vers l’avant et vers le haut, que notre dos se raccourcit, il est plus important d’interrompre un processus de Technique Alexander et de revenir à notre équilibre naturel “tête/cou/dos”, que d’accomplir le mouvement à tout prix. Le processus n’est qu’un prétexte pour entrer en contact avec l’équilibre tête/cou/dos. On peut à tout moment décider de ne rien faire, ou de le remplacer par un autre. Ce n’est pas un exercice.
La leçon après la leçon
Une de mes élèves a une habitude que nous avons observée, sans juger bien sûr : elle raccourcit son dos en se courbant du côté droit. Une opération de la hanche qui ne s’ est pas bien passée y probablement pour beaucoup. Alors que notre leçon était terminée et que nous avions réussi à éviter plusieurs fois ce raccourcissement pendant notre travail, elle commença à enfiler son pull-over. Et à ce moment, son habitude réapparut, très marquée. Ce fut l’ occasion de lui en faire la remarque, et de l’ inviter à :
- reconnaître la force de cette habitude, sans la juger
- éviter de vouloir se précipiter à la corriger
- marquer un temps d’ arrêt
- relâcher les muscles de son cou, pour permettre à sa tête d’ aller vers l’ avant et le haut et à son dos de s’ allonger et s’ élargir
- puis recommencer à enfiler son pull.
En moins d’ une minute nous avons redécouvert les bases de la Technique Alexander.
Je suis convaincu de l’ efficience de ces mini-leçons appliquées à une situation quotidienne courante (enfiler un vêtement, signer le chèque, marcher vers la sortie…), alors que la leçon « classique » est censée être terminée : c’ est court, bienveillant, pratique, et cela résume ce que l’ on voit en détail lors de la formation.
Technique Alexander et vie quotidienne
a. à éviter ce qui est nocif – les tensions inutiles, notre corps avec la tête tirée vers l’arrière et vers le bas, le dos tassé… –b. à renouveler nos directions, à savoir « je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête d’aller vers l’avant et vers le haut et à mon dos de s’allonger et s’élargir »


