Douleurs… (suite)


Récemment, un de mes élèves se plaignait de violentes douleurs dans le haut du bras gauche, l’épaule gauche et le trapèze gauche lorsqu’il voulait effectuer des mouvements avec son bras gauche, en particulier lever la main pour prendre des objets…

Nous avons commencé à travailler dans la globalité de sa relation tête-cou-dos, l’élève se tenant debout, puis assis. Ensuite, nous avons travaillé sur son bras droit, accomplissant différents mouvements, sans difficulté.

Lorsque nous avons commencé des mouvements, très délicatement, avec le bras gauche, quelques légères douleurs ont surgi. Alors, je lui ai demandé de penser que sa main gauche s’élevait vers le plafond, encore plus loin que ce que la droite venait d’accomplir, MAIS SANS RIEN FAIRE avec son bras gauche. 

Faisons confiance au non-faire pour générer de la détente dans les muscles, du relâchement dans les articulations.

Nous répéterons ce processus si besoin, et évaluerons plus tard son résultat dans le soulagement de la douleur.

Je laisse mon cou libre…


Mes élèves me demandent parfois si je ne peux pas leur proposer un “exercice” (et je préfère leur dire une “procédure”) pour les aider à appliquer ce point de départ de la Technique Alexander : “laisser le cou libre”.

Ma réponse se résume à deux choses très simples :

1. La meilleure façon de laisser le cou libre est d’y penser, de se donner un ordre mentalement, sans rien faire, comme si l’on se donnait l’ordre de lever sa main pour aller chercher un objet, et que l’on n’accomplisse pas le mouvement. Il a été démontré que si l’on pense faire un mouvement sans l’accomplir, les mécanismes cérébraux et nerveux de la réalisation du mouvement fonctionnent, comme si on allait le faire, mais de façon atténuée. Ce qui a pour conséquence de nous laisser détendu.

2. On peut éventuellement prolonger cette pensée par une procédure, que l’on n’est jamais obligé d’accomplir totalement :

  • effectuer de minuscules mouvements d’approbation avec le tête (des petits “oui”)
  • effectuer de minuscules mouvements de refus avec le tête (des petits “non”)

tout en pensant que le crâne repose au sommet de la colonne vertébrale, à la hauteur du conduit auditif.

Et c’est tout.    

Vocabulaire


En Technique Alexander, nous aimons bien utiliser les mots avec précision, et je suis parfois amené à préciser quelques expressions avec mes élèves :

  • au lieu de “nous concentrer”, nous préférons dire “porter notre attention sur…” : la concentration se réfère à un effort mental, qui peut être source de tensions ; parler d’attention nous semble plus neutre.
  • au lieu de parler de “se relaxer” ou de “relaxation”, nous préférons dire “relâcher [telle ou telle partie du corps]” : la relaxation se réfère à d’autres techniques, dont les protocoles peuvent être différents de ceux de la Technique Alexander.
  • au lieu de “postures”, nous préférons utiliser le terme “directions” : une posture est un but à atteindre, quelque chose à bien faire, pour être en équilibre, se tenir droit…; une direction est une pensée, qui va nous orienter vers un équilibre juste, après nous avoir invité à abandonner des habitudes nuisibles.
  • au lieu “d’exercices”, nous parlons de processus (ou procédures, mais pas dans le sens juridique, dans le sens façon de procéder, marche à suivre) : un processus de Technique Alexander (s’asseoir, poser les mains sur le dossier d’une chaise, marcher…) est une occasion de bouger tout en restant en contact avec notre équilibre naturel tête/cou/dos ; il vaut mieux ne pas accomplir tout ou partie du mouvement et garder cet équilibre, plutôt que de le faire en étant inutilement tendu, déséquilibré ou non coordonné.

 

Dormir


Mes élèves pratiquent parfois le “repos actif” décrit sur mon site à l’adresse

http://tech-alexander.eu/Alexander2exercice.aspx

Plusieurs fois, ils m’ont fait remarquer qu’en fin de journée, cette procédure pouvait les inviter au sommeil, alors que l’on est censé rester éveillé, et observer ce qui se passe en nous, comme autour de nous. A la réflexion,  je crois que nous pouvons accepter de dormir quelques instants en position de “repos actif”. Cela ne peut durer, parce qu’avec la détente profonde des articulations pendant l’assoupissement, les jambes vont basculer vers l’extérieur, les genoux s’écartant l’un de l’autre (ou parfois, mais rarement, vers l’intérieur, les genoux se rapprochant l’un de l’autre). Pendant le sommeil, le corps, supporté par le sol, avec le dos bien déroulé dans le tapis de gymnastique sur lequel l’on s’est allongé, va entrer en contact avec les pensées inconscientes ; de cette “connexion” résultera peut-être, une fois l’état de veille revenu, une relation, plus ou moins réflexe, avec nos directions premières : le cou libre, pour permettre à la tête d’aller vers l’avant et vers le haut (si l’on est debout, si l’on est allongé, on pensera qu’elle s’éloigne de la colonne vertébrale), et au dos de s’allonger et de s’élargir.

Bref, il n’est pas interdit de somnoler quelques instants à l’occasion d’un “repos actif”.

 

 

Surprise !


Alors que j’avais invité une de mes élèves à réfléchir, entre deux leçons, à la manière dont elle se tient devant son écran d’ordinateur lorsqu’elle travaille, à la leçon suivante, elle me demande mon avis sur sa manière de marcher…Après que j’eus observé qu’elle marchait de manière dirigée (notamment avec la tête qui guide les mouvements de marche et avec toute la longueur de son dos), nous avons convenu qu’elle avait évolué dans la bonne direction depuis le début de ses leçons. Et je me suis réjoui (intérieurement, sans formuler de commentaires) qu’elle ait décidé de porter son attention sur la marche, plutôt que de suivre docilement ma recommandation. Une belle preuve d’autonomie et d’esprit d’initiative, cohérente avec l’enseignement de la Technique Alexander !