Aïe !!!


Il y a quelques jours, je suis tombé de la 3ème marche de mon escabeau, (oui, la Technique Alexander n’offre pas la perfection, il peut m’arriver de perdre l’équilibre), et j’ai heurté un meuble à l’occasion de cette petite chute. Le lendemain, point douloureux sur la partie postérieure gauche de la côte D8.

J’observe alors que lorsque je me précipite sur un mouvement, la douleur est plus intense que si je prends le temps de relâcher mon cou et d’attendre que cette détente se diffuse dans le reste du corps.

En particulier, si je m’asseois sans réfléchir, je souffre sensiblement plus que si je le fais en exécutant une position d’avantage mécanique (ou position du singe) profonde et correctement dirigée.

De même si je me lève, j’ai parfois le réflexe de croire qu’appuyer mes mains sur mes cuisses va occasionner peu d’effort et m’aider. Erreur, la douleur est vive. En revanche, si je prends le temps de « penser vers le haut », d’imaginer que le mouvement va être initialisé de la tête, et si mes épaules et mes bras ne font rien, le mouvement est fluide et  la douleur atténuée.

 

Laisser mon cou libre …


Mes élèves me demandent parfois comment ils peuvent repérer que les muscles de leur cou sont détendus ; c’est important, puisque c’est le point de départ de l’élimination des tensions inutiles.

Ma réponse évoque plusieurs directions :

  1. faire confiance à la pensée : si je me dis que je laisse mon cou libre, avec une pensée délicate, sereine, et que je prends mon temps, la directive ainsi formulée va s’exécuter dans mon corps, comme chacun des ordres que je me donne en permanence dans la vie (bouger mes jambes pour marcher, mouvoir mes bras pour prendre des objets, écrire,…bouger ma tête pour regarder dans diverses directions…arrêtons la liste, elle est infinie)
  2. repérer les moments où le cou est tendu (crispation, douleur) ; avec un peu d’entraînement en Technique Alexander, nous devenons sensible à ces observations de notre corps ; par différence, j’apprends à identifier les moments de détente
  3. mettre en pratique le repos actif : en position allongée, les genoux repliés, la tête légèrement rehaussée par quelques livres, profiter du soutien de tout le corps et de la tête en particulier pour laisser les muscles du cou se détendre (voir le document : Repos actif)
  4. observer son fonctionnement : si je suis tendus, physiquement ou mentalement, c’est le signe que mon usage de moi-même n’est pas optimal, et donc mon cou n’est pas libre ; alors, je me donne un temps d’arrêt pour me recentrer
  5. se donner du temps : avec la pratique de la Technique Alexander, je stimule des mécanismes psycho-physiques de fonctionnement naturel de l’être humain ; dans la durée, je deviens compétent pour entrer en contact avec cette relation dynamique tête-cou-dos, source d’une utilisation correcte de moi-même et d’un fonctionnement juste, et avec laquelle je vivais en permanence étant enfant.

Neige


 » En cas de chute de neige et de verglas, les particuliers, propriétaires et locataires, sont tenus de dégager une piste d’au moins un mètre de large sur toute la longueur du trottoir bordant leur habitation. En cas de verglas, ils doivent répandre du sable, du sel, des cendres ou de la sciure de bois, pour permettre la circulation sur le trottoir. »

Un de mes amis me disait il y a quelque temps que la France est le « seul pays au monde » – j’espère qu’il exagère ! – où malgré la réglementation en vigueur, les habitants ne dégagent pas la neige devant leur maison !

Alors, ce dimanche matin, je l’ai fait, histoire de faire exception. Plus qu’une corvée, cela m’est apparu comme une occasion rêvée d’appliquer à nouveau un processus simple de la Technique Alexander : la position de l’escrimeur, ou « fente », idéale pour tenir ma pelle, un peu plus bas qu’un fleuret, s’entend,  sans me démolir le dos…

(photo issue du site de Timothy Gordon http://www.timothymgordon.com/at.htm)

Neige !


Il neige sur la France. Le ciel est gris, nous mettons souvent nos mains dans nos poches, cachons notre visage derrière un gros foulard, resserrons nos épaules vers l’avant et courbons le dos. Et si nous nous contentions de bien nous couvrir, en continuant à « penser vers le haut », à relâcher notre cou bien emmitouflé dans son foulard, en évitant d’interférer avec la position naturelle de notre dos allongé et élargi, aurions-nous plus ou moins froid ??

Cela vaut la peine d’être expérimenté, observé…

Humilité


J’ai une élève de plus de 90 ans qui est venue me voir parce qu’elle commençait à éprouver des difficultés pour se déplacer et n’arrivait plus à faire ses courses. Après une série de leçons au cours desquelles elle s’est sérieusement impliquée, elle a retrouvé suffisamment de tonicité pour sortir régulièrement à nouveau et accomplir démarches ou emplettes. Nous sommes réjouis de ce résultat tangible.

Ne voilà-t-il pas que récemment, au cours d’une leçon, une observation provoque notre déception : une de ses habitudes posturales debout est de se tenir avec les pieds en V. Lorsque je lui demande d’écarter ses talons pour réduire légèrement l’angle du V, elle ressent l’impression que ses pieds sont tournés vers l’intérieur, perception sensorielle fausse évidemment, comme nous pouvons le voir lorsqu’elle regarde la position de ses pieds.

Or, plus nous améliorons notre équilibre et devenons coordonnés grâce à la formation de Technique Alexander, plus notre perception sensorielle devient juste et cesse de nous tromper.

Passé le désappointement, la situation révèle en fait une chose très importante : rien n’est jamais acquis au cours ou après une formation de Technique Alexander : les habitudes sont trop fortes qui interfèrent avec notre relation dynamique tête/cou/dos ; elles peuvent resurgir à tout moment. Il est donc nécessaire de renouveler l’activité de l’esprit grâce à laquelle nous agissons de manière coordonnée, en évitant les tensions inutiles, à savoir, penser à libérer notre cou, laisser notre tête se diriger vers l’avant et vers le haut, notre dos s’allonger et s’élargir.

Le professeur, comme l’élève n’échappent pas à ce travail permanent.

Mais alors, me direz-vous : « il faut passer son temps à se prendre la tête ! ». Pas vraiment en réalité : à chaque fois que nous arrêtons de nous jeter dans l’action pour penser quelques instants à la manière dont notre corps et notre mental vont la réaliser, nous stimulons des connexions et des équilibres naturels. Même si nous ne le faisons que quelques minutes, voire quelques secondes, par jour, il en restera toujours quelque chose. Nous sommes libres d’accomplir, ou non, ce travail à tout moment !