Technique FM Alexander

Michel Mangin ( 06 03 91 23 55 ), praticien certifié de Technique FM Alexander, vous invite partager quelques pensées issues de son expérience. Si vous souhaitez "poster un commentaire", je vous répondrai rapidement.

Archives de Catégorie: Directives mentales (ou directions)

Calme – 1-


En ces temps de confinement, s’offrir de l’espace intérieur peut s’avérer bénéfique pour l’organisme.

Vous pouvez expérimenter la connexion de différentes parties de votre corps, la détente musculaire et mentale, une circulation calme et harmonieuse de votre énergie. Vous devriez en retirer une sensation de bien-être et de tonicité de toute votre personne. Vous aurez besoin d’un tapis de gymnastique un peu épais et de quelques livres. A défaut de tapis de gym, une couverture pliée en deux ou en quatre (selon son épaisseur), ou un simple tapis bien moelleux fera l’affaire.

1. Avant de commencer, attendre quelques instants, debout, sans rien faire. Penser à quelque chose de serein et agréable ;  sourire. S’asseoir sur le tapis de gymnastique, les genoux repliés. Rester ainsi quelques instants, détendu(e).

2. S’étendre à terre sur le dos, lentement , en s’aidant des avant-bras, et en pensant que le dos se déroule. Les genoux restent repliés. Les pieds, bien étalés sur le sol, sont écartés d’une distance à peu près égale à la largeur des hanches. Si les genoux sont pliés, c’est pour permettre une position confortable pour le bas du dos. Installer quelques livres sous la tête. Régler la hauteur pour ne pas écraser la gorge ni avoir la tête basculée vers l’arrière, et ainsi respecter la courbure naturelle du cou. Cet appui-tête ne touche pas le cou. Poser les mains sur le ventre, de part et d’autre du nombril, les paumes touchant les côtes.

repos-actif-2

Dans cette position, rester tranquille, ne rien faire.

3. Porter maintenant attention aux 9 points d’appui du corps sur le sol : l’arrière de la tête, les 2 omoplates, les 2 coudes, les 2 hanches, les 2 pieds. Soulever le bassin légèrement de quelques centimètres, en s’aidant des pieds, et revenir en position allongée. Surtout, ne pas forcer. L’espace entre les vertèbres lombaires et le sol a peut-être changé. Accepter d’être soutenu par le sol, et penser à détendre toutes les parties du corps :

  • respirer lentement, le plus naturellement possible, sans effort,
  • desserrer les mâchoires,
  • relaxer les muscles,
  • relâcher les articulations : épaules, coudes, poignets, hanches, genoux, chevilles
  • laisser venir les soupirs et les bâillements, signes de repos du corps.

4. Vous pouvez maintenant vous « donner des directions », c’est à dire diriger votre pensée vers votre corps.

Penser : « Je permets à mon cou d’être libre ». Si des tensions sont observables dans les muscles du cou, attendre que la partie tendue se relâche. Au  besoin renouveler la pensée ; ne rien faire d’autre, juste  laisser faire.

Puis penser :

« Je laisse ma tête se diriger loin de mes épaules et de ma colonne vertébrale… » (en position debout, la tête se dirigerait vers l’avant et vers le haut). Il se peut que la tête bouge légèrement sur les livres, mais ne pas chercher pas à vouloir qu’elle bouge.

Enfin, penser : « Je laisse mon dos s’allonger et s’élargir ». Laisser vos pensées imprégner toute votre personne, en imaginant que la colonne vertébrale se déroule un peu plus dans le sol à chaque expiration, mais sans rien faire pour cela se produise. Imaginer, sans les bouger, que les  épaules s’éloignent l’une de l’autre.

5. Après quelques instants (une dizaine de minutes ou un peu plus), pour se remettre debout, il est important de bouger lentement, de préserver la détente du corps.

Rouler doucement sur le côté et  se mettre dans la position à quatre pattes.

4-p

Puis se mettre à genoux, avancer  un pied et se relever en pensant que la tête guide l’opération, dans un mouvement souple vers l’avant et vers le haut.

Lever-repos-actif

 

En résumé, il s’agit d’un travail sur la pensée dans le corps :

  • « permettre à mon cou d’être libre »,
  • « pour laisser ma tête se diriger vers l’avant et vers le haut …»,
  • «…et  mon dos s’allonger et s’élargir »,

dans une attitude de détente, en refusant le « vouloir-faire « , au profit du « laisser-faire ».

 

Version imprimable : Repos-actif

C’est dur …


…aujourd’hui peut-être, demain ce sera vachement mieux » (Début de la chanson « Aujourd’hui la crise » de Jaques Higelin).
Parfois, mes élèves, au cours d’une leçon de Technique Alexander, m’annoncent « c’est dur » avant de travailler sur un processus simple comme se tenir en équilibre sur une jambe, s’accroupir, éviter de bloquer la respiration pendant un mouvement, … ! Je les invite alors à marquer un temps d’arrêt et remplacer cette pensée par « c’est inhabituel ».
L’hypothèse est que lorsque l’on pense « c’est dur », alors que l’on n’a encore rien fait, on s’est déjà tendu, crispé, arc-bouté pour faire face à la difficulté (même si les mouvements externes sont infimes, même si la difficulté est plus perçue que réelle).
Toute tension mentale se traduit par une tension physique.
Puis  je propose de compléter cette pensée par une système de pensées centré sur eux-mêmes, à savoir « Je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête de se diriger vers l’avant et vers le haut, et à mon dos de s’allonger et s’élargir. » Ces pensées sont une occasion de stimuler l’ouverture, l’expansion, la détente, notamment avec les mots « laisser », « permettre », et les idées du dos qui s’allonge (c’est à dire que les vertèbres ne sont pas tassées) et s’élargit (les épaules ne sont pas resserrées vers l’avant avec le torse avachi ou tirées vers l’arrière comme dans un garde-à-vous ).
Cela veut-il dire que la Technique Alexander nous incite à méconnaître les difficultés ? Évidemment non : marquer un temps d’arrêt, et revenir à soi avec des pensées constructives a pour conséquence de développer notre attention, à nous-même comme à ce qui nous entoure. Notre capacité à raisonner et à accomplir avec plus de calme les choses difficiles ou perçues comme difficiles en sera développée.
_MG_4038

Désirer et accepter


Dans notre vie,  des choses fonctionnent, d’autres pas.

Faisons l’hypothèse que toutes nos activités, ou la plupart, sont orientées vers la recherche de notre bonheur, et que notre bonheur tend à se réaliser lorsqu’un de nos désirs est satisfait.

Lorsque quelque chose ne fonctionne pas, je peux me sentir frustré, désemparé, et vouloir que tout aille « bien ». Cette tension mentale va se répercuter physiquement, et je vais probablement serrer mes épaules l’une contre l’autre ; mon dos va se rétrécir. Si j’accepte la situation, j’évite le tension mentale et je peux permettre à mon dos de s’élargir. Je reprends contact avec mon fonctionnement naturel ; l’usage de moi-même devient plus  juste.

De même, lorsque je désire quelque chose, je peux penser à tous les obstacles qui s’opposent à la réalisation de mon souhait. Cette pensée limitante peut se répercuter physiquement et m’inviter à l’avachissement, l’effondrement. Ma colonne vertébrale va probablement se raccourcir. Si je m’offre la liberté de penser que mon désir peut être accessible, et si je fais confiance à ma compétence à accepter la situation dans le cas contraire, je permets à ma colonne de s’allonger, et je me recentre avec un usage de moi-même correct.

En d’autres termes, je peux associer désirer et allonger, accepter et élargir.

 

Printemps

Vous avez dit « professeur » ?


Dans une leçon de Technique Alexander, il est de coutume de distinguer le professeur et l’élève, comme dans tout processus d’enseignement. Pourtant, surviennent parfois des instants presque magiques où l’échange de mouvements dirigés (c’est à dire exempts de tensions inutiles) est si subtil que tout se passe comme dans une chorégraphie, avec deux partenaires sur un même plan, sans que l’on puisse dire qu’il y ait un guidant et un guidé, un expert et un apprenant.

Cela m’est arrivé récemment avec un élève avancé. Nous accomplissions ensemble un mouvement complexe, au cours duquel je prenais le rôle habituellement dévolu à « l’élève » : il devait me guider dans le mouvement, en pensant à se détendre, afin de le réaliser avec le minimum d’effort. Après quelques secondes, les choses se réalisèrent sans que l’on ne sache plus très bien qui conduisait le processus et qui suivait.

C’est pourquoi l’on aime utiliser parfois les termes de « travail »  ou « d’échange », au lieu de parler de « leçon », plaçant sur un même plan les deux participants à une séance Alexander.

Mais alors, comment remplacer les termes de professeur et élève ? Une réponse se trouve peut-être dans le livre de Catherine de Chevilly « La technique Alexander: Histoire, outils et applications pour plus de confort au quotidien », édité chez Eyrolles. L’auteure nous propose le mot « alexandrant », permettant ainsi de désigner celui ou celle qui travaille sa Technique Alexander, que ce soit individuellement, en leçon, en stage…

 

Laisser le cou libre

Musique !


Un de mes élèves musicien m’a fait remarquer qu’il a vu son trac bien diminuer depuis qu’il a repris l’analyse des œuvres qu’il interprète : il évite de porter son attention sur les difficultés techniques en pensant à la phrase musicale, sa tonalité, ses modulations, son point de départ, son point culminant, sa conclusion, son caractère… Il a ainsi changé sa manière de travailler et passe un temps précieux à lire les partitions sans instrument, avant de les jouer ; sans négliger son intuition artistique, il aime se sentir plus conscient des choix d’interprétation qu’il développe.

 

IMG_1004

 

%d blogueurs aiment cette page :