Bricolage


L’un de mes élèves observe qu’il se sent tendu après des séances de bricolage, tensions accompagnées de douleurs légères dans la nuque et le bas du dos.

En vérité, il n’aime pas cette activité et l’accomplit par obligation.

Pour résoudre cette difficulté il peut :

  • adapter son rythme de travail (prendre des pauses, vérifier qu’il est dirigé avant de passer à l’action, éviter de vouloir finir à tout prix à toute vitesse…)
  • pratiquer le repos actif après le bricolage, voire pendant une pause (cf. l’article sur ce sujet dans les archives)
  • observer quelles habitudes mentales, posturales, gestuelles  il adopte dans des situations non désirées, et décider de les éviter
  • entrecouper son travail de procédures de Technique Alexander en lien avec l’activité (position « du singe », de « l’escrimeur »…)
  • penser à respirer dans les efforts et lorsque l’énervement monte
  • chercher de l’aide auprès d’un ami, et trouver du plaisir à bricoler grâce à la relation (pour autant qu’il évite les disputes avec son ami, bien entendu)
  • s’offrir une récompense un fois le travail terminé
  • etc ; toute nouvelle idée  est bienvenue !

Les pensées ont une odeur


Ce soir-là, Nasreddine Hodja se coucha sans manger. Il faisait froid et sa couverture n’était pas très épaisse. « Si j’avais seulement quelques légumes, je me ferais une soupe parfumée au cumin, se dit-il. Je l’avalerais bien chaude et je cesserais de grelotter. » Il s’imaginait la savourant lentement quand quelqu’un frappa à sa porte. C’était le fils de ses voisins.

– Ma mère m’envoie pour savoir si tu n’aurais pas un peu de soupe à nous donner, car il ne nous reste que du pain.

– Ces gens-là ont un odorat particulièrement développé, ils arrivent même à sentir mes pensées ! s’exclama Nasreddine.

(Extrait de « Contes des sages et facétieux Djeha et Nasreddine Hodja » – Jean Muzi – éditions Seuil – reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur)

Insomnie…!


Un de mes élèves a trouvé un processus qui lui convient en cas d’insomnie, lorsqu’il se réveille au milieu de la nuit :

1. entrer en contact avec les pensées qui occupent l’esprit et empêchent de se rendormir ; prendre le temps de les accueillir (ce peut être un souci professionnel, la crainte face à un événement inhabituel prochain, comme un voyage lointain, l’angoisse face à une situation difficile, comme un proche malade…)

2. se dire « stop » ; cesser d’être submergé par ces pensées et prendre contact avec soi (comment suis-je allongé, comment est ma respiration, y a-t -il des parties de mon corps qui sont tendues, lesquelles, est-ce que je ressens de la chaleur, du froid…) ; fermer les yeux ; ne plus regarder l’heure.

3. s’allonger en position confortable, éviter autant que possible de bouger et penser aux fondamentaux de la Technique Alexander : « je laisse mon cou libre, pour permettre à ma tête de s’éloigner de ma colonne vertébrale (nous sommes allongés) et à mon dos de s’allonger et s’élargir » ; et attendre ; si l’on s’est assoupi, l’on a probablement rêvé, l’on est sur le bon chemin ; si l’on ne dort pas vraiment, l’on se repose et c’est très bien aussi.

 

Sport


Travailler avec des sportifs de haut niveau est très intéressant ; au début de leur apprentissage de la Technique Alexander, dès que nous entreprenons une procédure technique, je les observe « prêts », muscles bandés, articulations tendues, esprit concentré sur l’activité. Mon principal but est de leur apprendre l’importance de relâcher leur cou, diriger leur tête, élargir et allonger leur dos avant toute action, et, pour ce faire, leur enseigner comment se donner un temps d’arrêt, entrer en contact avec leur calme intérieur.

Comme ils sont mentalement entraînés à commander leur corps, ils comprennent très vite la notion de directives mentales, qui va leur permettre d’accéder à ce relâchement des tensions inutiles, préalable à l’action.

Après les avoir accueillis très tendus lors des premières séances, je m’émerveille de découvrir comme ils peuvent assimiler rapidement les principes de base de la Technique.

Vie quotidienne


Un de mes élèves m’a fait remarquer qu’il avait cessé de se brosser les dents avec une énergie exagérée, pouvant aller jusqu’à lui irriter les gencives. L’anecdote est intéressante ; elle révèle au moins trois choses :

1. la Technique Alexander est applicable à toute activité

2. le travail que nous réalisons pendant les leçons peut avoir des retombées inattendues, dans des domaines que nous n’avons pas abordés directement en cours ; l’élève construit ses applications

3. comme toute méthode d’éducation somatique, la Technique devient progressivement un mode de vie, pour ne pas dire un art de vivre ; paramètre permanent de la pensée et des mouvements, elle accompagne notre quotidien, nos projets, notre développement.

Je pourrais citer d’autres exemples de retombées des cours de Technique Alexander dans des sphères d’activité ne faisant pas partie de la demande initiale de l’élève :

– une élève qui souhaite apaiser le stress et certaines douleurs et qui reprend le piano après une dizaine de leçons

– un élève musicien qui souhaite rendre son jeu plus naturel, plus fluide, et modifie sa manière de dormir  (change d’oreiller, change de position lorsqu’il s’endort)

…