Body Mind Centering


J’ai découvert cette Technique, en tant « qu’élève », le 12 février dans une séance de travail en groupe et aujourd’hui dans une leçon individuelle. Cette méthode d’éducation somatique a été créée par  Bonnie Bainbridge  Cohen.

Bonnie Bainbridge Cohen est née en 1943. Danseuse, ergothérapeute, thérapeute en neurodéveloppement, diplômée d’analyse du mouvement, elle fonde le Body Mind Centering (BMC) à New-York en 1973.

Le BMC étudie par l’expérience les principaux systèmes du corps et les schèmes de développement liés à l’évolution humaine et animale qui sous-tendent tous les mouvements humains.

Le BMC s’intéresse également aux sensations physiques et émotionnelles concrètes qui proviennent des différentes parties du corps et de ses différentes fonctions. Le BMC. est fondé sur la conviction que la conscience infiltre tout le corps. Il ne s’agit pas uniquement de « visualiser », mais bien de « ressentir de l’intérieur » selon l’angle de l’expérience personnelle.

Mon expérience, bien que limitée à deux séances, m’a profondément impressionné. Dans les deux occasions, une série de mouvements coordonnés m’a permis de développer un relâchement profond pendant les déplacements de différentes parties de mon corps. Au fur et à mesure du processus, la conscience corporelle s’affine : une perception subtile et inhabituelle du poids des organes, du fonctionnement profond des tissus, de la forme, de la place et de l’interconnexion des différentes parties du corps (tête, nuque, mains, pieds, poumons, cage thoracique, colonne, bassin, …) se développe. On ressort de la séance imprégné d’un grand bien-être, le corps très détendu, l’esprit calme.  Je vais probablement poursuivre mon initiation.

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Humilité


J’ai une élève de plus de 90 ans qui est venue me voir parce qu’elle commençait à éprouver des difficultés pour se déplacer et n’arrivait plus à faire ses courses. Après une série de leçons au cours desquelles elle s’est sérieusement impliquée, elle a retrouvé suffisamment de tonicité pour sortir régulièrement à nouveau et accomplir démarches ou emplettes. Nous sommes réjouis de ce résultat tangible.

Ne voilà-t-il pas que récemment, au cours d’une leçon, une observation provoque notre déception : une de ses habitudes posturales debout est de se tenir avec les pieds en V. Lorsque je lui demande d’écarter ses talons pour réduire légèrement l’angle du V, elle ressent l’impression que ses pieds sont tournés vers l’intérieur, perception sensorielle fausse évidemment, comme nous pouvons le voir lorsqu’elle regarde la position de ses pieds.

Or, plus nous améliorons notre équilibre et devenons coordonnés grâce à la formation de Technique Alexander, plus notre perception sensorielle devient juste et cesse de nous tromper.

Passé le désappointement, la situation révèle en fait une chose très importante : rien n’est jamais acquis au cours ou après une formation de Technique Alexander : les habitudes sont trop fortes qui interfèrent avec notre relation dynamique tête/cou/dos ; elles peuvent resurgir à tout moment. Il est donc nécessaire de renouveler l’activité de l’esprit grâce à laquelle nous agissons de manière coordonnée, en évitant les tensions inutiles, à savoir, penser à libérer notre cou, laisser notre tête se diriger vers l’avant et vers le haut, notre dos s’allonger et s’élargir.

Le professeur, comme l’élève n’échappent pas à ce travail permanent.

Mais alors, me direz-vous : « il faut passer son temps à se prendre la tête ! ». Pas vraiment en réalité : à chaque fois que nous arrêtons de nous jeter dans l’action pour penser quelques instants à la manière dont notre corps et notre mental vont la réaliser, nous stimulons des connexions et des équilibres naturels. Même si nous ne le faisons que quelques minutes, voire quelques secondes, par jour, il en restera toujours quelque chose. Nous sommes libres d’accomplir, ou non, ce travail à tout moment !

Technique Alexander et sexualité


La Technique Alexander repose sur une conception globale de la « créature humaine », envisagée comme une machine psychophysique unifiée incluant le corps et la pensée (au sens le plus large, pensée rationnelle et psychologie.) S’il est une activité psychophysique qui requiert un engagement intense du corps, des émotions, des pensées, réelles ou fantasmatiques, c’est bien la sexualité. Un des paradoxes de la Technique est que la sexualité semble un quasi tabou dans sa sphère. Alexander ne la mentionne jamais dans ses écrits, probablement en raison de ses origines sociales et de la réserve sur ce thème au moment de la publication de ses ouvrages. Mais la plupart de ses successeurs restent dans la même tradition. En recherchant des informations sur ce sujet, j’ai trouvé un chapitre dans « The Alexander Principle » de Wilfred Barlow (chapitre 8, pages 141 à 159 dans l’édition Orion) et un numéro de la revue « Directions », volume 2, n° 4. La collecte est assez limitée !  

 

 

Quel peut être l’apport de la Technique Alexander à une meilleure satisfaction sexuelle des êtres humains ? Wilfred Barlow donne quelques pistes dans ce domaine. Il souligne que la sexualité est une affaire de sensibilité de l’ensemble de la personne à ses sensations. Or, notre éducation fait que nous associons souvent des peurs ou de la culpabilité aux manifestations de notre sexualité. D’où des tensions musculaires en miroir de ces tensions psychologiques, et un manque de satisfaction fréquent dans la sexualité. Comme la Technique nous amène à améliorer notre appréciation sensorielle, à accepter le toucher et la kinesthésie sans nous sentir coupables ou menacés, il devient évident qu’un épanouissement sexuel sera une retombée de l’apprentissage de la Technique. Et ceci de manière indirecte.  

 

Après Barlow il n’y a que très peu d’études qui approfondissent le sujet. La seule dont j’ai trouvé trace figure dans la revue Directions citée plus haut : Chloë Stallibrass a interviewé 29 professeurs et étudiants professeurs de Technique à Londres. Elle a observé à travers leurs réponses « une compréhension plus large et plus profonde de la relation sexuelle et de la nature des sentiments sexuels ».[1]

   

L’apport de la Technique sur la sexualité reste donc à ce jour un champ d’investigation à explorer.

 
 
 


 

[1] « A survey of sex » by Chloë Stallibrass – Directions – Volume 2 number 4 –