Mains !


 «Quand mes mains entrent en contact avec mon élève, c’est comme si elles étaient démunies d’os. Elles sont des morceaux de matériau qui prennent la forme de la structure sous eux. Bien que les mains ne fassent rien, elles accomplissent une double fonction … Parce que ces mains n’ont aucune idée préconçue de ce qu’elles ressentent, elles sont capables de découvrir librement l’étudiant à cet instant, dans le temps et l’espace … Je dois m’isoler et permettre à tout ce que je sais sur la Technique Alexander  de s’écouler à travers  mon corps, et travers l’étudiant via mes mains. »

Judith Leibowitz : « Oser être faux » (édition K.Miranda 2007).

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Enseigner ?


Mon expérience de l’enseignement de la Technique Alexander approche les 7 années. C’est à la fois peu par rapport à toutes les subtilités que cette recherche nous permet d’expérimenter, et suffisant pour une conclusion (partielle) parfois.

Nous n’enseignons pas la Technique Alexander ; au sens où l’on enseigne le violon, les mathématiques, le ski… Certes les mouvements que l’on accomplit avec notre élève au cours d’une leçon permettent de structurer ce que nous accomplissons. Cependant, je crois aujourd’hui que nous transmettons les bienfaits que la Technique nous a donnés dans notre vie, simplement en posant nos mains, sans vouloir rien « faire », rien « apprendre » à l’élève. Le terme d’élève n’est sans doute pas complètement approprié : au moment où la personne qui est venue nous voir pour une séance expérimente un contact intime, profond avec son fonctionnement naturel, juste, à l’occasion d’un échange avec nous, nous sommes partenaires, comme le seraient deux musiciens, deux danseurs, deux ouvriers accomplissant une tâche difficile. A la différence près que le partenariat n’a pas pour objet la tâche à réaliser, mais au contraire les moyens par lesquels l’on va se mettre en état de fonctionnement juste et naturel avant toute activité.

 

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Se déconnecter…


…pour revenir à soi et se recentrer : il est devenu habituel de nos jours de servir de son téléphone mobile très fréquemment, pour envoyer des messages courts, jouer, consulter les actualités, lire son courrier et y répondre, écouter de la musique…

Observons-nous un instant lorsque nous sommes occupés avec ce petit appareil : les yeux rivés sur un petit écran, le dos courbé, les muscles des bras tendus, les mains crispées avec les pouces actifs sur les touches, ou les doigts agiles effleurant les emplacements de l’écran tactile. Tout cela est-il bien nécessaire ?

Une simple idée : le prochaine que vous aurez envie d’utiliser votre mobile, offrez-vous un temps d’arrêt, demandez-vous si cette activité est justifiée avant de toucher à l’appareil, observez comment vous vous tenez (notamment la courbe de votre dos), détendez-vous, respirez quelques secondes sans rien faire d’autre.

Prenez le temps de décider si vous allez vous servir de votre téléphone.

Si oui, restez détendu, entrez en contact avec la courbe naturelle de votre dos (évitez de vous tasser) ; pendant votre activité, prenez le temps de rester en contact avec ce qui vous entoure en vous accordant quelques pauses.

Si non, profitez ce cet instant de non-faire pour entrer en contact avec la relation dynamique entre votre tête, votre cou et votre dos : pensez que les muscles externes de votre cou se détendent (au besoin posez une main délicatement sur votre nuque), permettez à votre tête de se diriger vers l’avant et vers le haut (ne la laissez pas partir vers l’arrière et vers le bas), laissez votre dos s’allonger et s’élargir, de manière à ressentir le bien-être que vous apporte le déploiement de la courbure naturelle de votre colonne vertébrale.

Et voilà.