Faire et non-faire


« Faire et défaire, c’ est toujours travailler » dit le proverbe. En Technique Alexander, on pourrait paraphraser  : « Non-faire et faire, c’ est toujours travailler ». Mais c’ est quoi, au juste, « non-faire » ? C’ est éviter de faire ce que l’ on avait l’ habitude de faire en mettant en oeuvre de mauvaises tensions. Il est à la fois plus facile et plus juste de ne pas faire ce qui est nocif que de vouloir le corriger :

  • plus facile, parce qu’on évite de dépenser de l’ énergie à partir du moment où l’ on « ne fait pas »,
  • plus juste parce qu’en voulant à tout prix être correct on va développer des tensions inutiles avec l’ espoir (vain, puisqu’il y a tensions)  de corriger ce qui est faux.

Pour en savoir plus, voir les principes de la Technique Alexander, décrits sur mon site.  

Petit message d’une amie


La méthode Alexander dans le glossaire de « La beauté des paresseuses », un petit bouquin de poche qui reprend plein de trucs qu’on trouve dans des magazines féminins :

  • « Vue par les spécialistes : une technique d’alignement moins difficile que le yoga ou le Pilates. Elle enseigne les bases de la beauté, à savoir se tenir droite en position debout et assise, et savoir se relever.
  • Vue par les paresseuses : comment paraître 10 cm de plus et sortir de sa voiture sans montrer sa culotte. »

Le mot de Cambronne !!


Face à une situation perçue comme désagréable, combien de fois par jour n’avons-nous pas prononcé ce mot, « M…. », accompagné d’un « ah.. » guttural et de grimaces ; nous pouvons aussi y avoir pensé, sans le dire. C’est souvent une manière assez efficace de se fabriquer un ensemble de tensions, physiques comme mentales, en contractant des muscles qui n’ont rien à voir avec ce qui est en train de se passer et en substituant à notre capacité de raisonner un jugement tout prêt sur les évènements. La prochaine fois que vous serez tenté par ce mot célèbre, vous pouvez vous dire « stop » ; et éviter de le proférer (éviter d’y penser est assez difficile tant notre cerveau travaille vite). Et puis revenir à vous même, penser à vous détendre (cela peut vous paraître difficile, mais c’est possible ; il est tellement simple d’éviter de faire des choses inutiles). Vous risquez alors d’être surpris de la quantité d’idées constructives auxquelles vous aller penser pour résoudre la situation.

Une Histoire…


Une histoire chan raconte que deux adeptes, l’un du Chan, l’autre d’une autre école, se rencontrent le long du fleuve. L’adepte de l’autre école raconte que son maître possède des pouvoirs extraordinaires. Assis à côté du fleuve, ce dernier peut tracer dans l’espace des signes qui s’impriment sur une feuille de papier que tient un de ses disciples de l’autre côté du fleuve. « Et ton maître, de quels prodiges est-il capable ? ».

« Mon maître est un grand magicien, répond l’adepte Chan. Quand il a soif, il boit, quand il a faim, il mange, quand il est fatigué, il se couche. » [1]

J’ai lu cette histoire il y a quelques jours et elle m’a fait inévitablement penser à la Technique Alexander : quand nous sommes accaparés par nos désirs d’atteindre des objectifs ambitieux, perçus comme difficiles, combien de fois ne méconnaisons-nous pas notre besoin de nous alimenter (déjeuners « sur le pouce », pour retourner bien vite au travail, repas supprimés …), combien de fois ressentons-nous des troubles du sommeil ?

La Technique Alexander va nous inviter à prendre du recul par rapport à nos activités externes et à nous recentrer sur nous-mêmes, notre fonctionnement, l’usage que nous faisons du plus merveilleux des outils à notre disposition, notre personne (le corps et la pensée).

Ce n’est qu’après avoir retrouvé un usage « juste » (exempt de tensions inutiles) que nous allons reprendre l’action, avec moins de précipitation et plus d’efficience.


[1] Daniel ODIER, « Désirs, passions et spiritualité » PocketSpiritualité