Dormir


Mes élèves pratiquent parfois le “repos actif” décrit sur mon site à l’adresse

http://tech-alexander.eu/Alexander2exercice.aspx

Plusieurs fois, ils m’ont fait remarquer qu’en fin de journée, cette procédure pouvait les inviter au sommeil, alors que l’on est censé rester éveillé, et observer ce qui se passe en nous, comme autour de nous. A la réflexion,  je crois que nous pouvons accepter de dormir quelques instants en position de “repos actif”. Cela ne peut durer, parce qu’avec la détente profonde des articulations pendant l’assoupissement, les jambes vont basculer vers l’extérieur, les genoux s’écartant l’un de l’autre (ou parfois, mais rarement, vers l’intérieur, les genoux se rapprochant l’un de l’autre). Pendant le sommeil, le corps, supporté par le sol, avec le dos bien déroulé dans le tapis de gymnastique sur lequel l’on s’est allongé, va entrer en contact avec les pensées inconscientes ; de cette “connexion” résultera peut-être, une fois l’état de veille revenu, une relation, plus ou moins réflexe, avec nos directions premières : le cou libre, pour permettre à la tête d’aller vers l’avant et vers le haut (si l’on est debout, si l’on est allongé, on pensera qu’elle s’éloigne de la colonne vertébrale), et au dos de s’allonger et de s’élargir.

Bref, il n’est pas interdit de somnoler quelques instants à l’occasion d’un “repos actif”.

 

 

Exercices ???


Parfois, mes élèves me disent que les “exercices” de Technique Alexander leur sont utiles ou leur font du bien. Je suis alors amené à reprendre leur expression : Alexander refusait le terme d’exercices pour qualifier la pratique de sa Technique. Il s’agit de processus (ou “procédures”, dans le sens “méthodes”, pas dans le sens juridique bien-sûr). La nuance peut sembler futile. Il n’en n’est rien : le danger de parler d’exercices est l’analogie avec les exercices de gymnastique, que l’on exécute systématiquement, avec l’idée de bien les faire et d’en faire le plus possible, pour se muscler, s’assouplir, s’étirer, etc. Les exercices sont centrés sur le but, le “faire”. La Technique Alexander est une approche par les moyens, le non-faire, la conscience de ce qui se passe. Dès que nous observons que notre cou se raidit, que notre tête cesse de se diriger vers l’avant et vers le haut, que notre dos se raccourcit, il est plus important d’interrompre un processus de Technique Alexander et de revenir à notre équilibre naturel “tête/cou/dos”, que d’accomplir le mouvement à tout prix. Le processus n’est qu’un prétexte pour entrer en contact avec l’équilibre tête/cou/dos. On peut à tout moment décider de ne rien faire, ou de le remplacer par un autre. Ce n’est pas un exercice.

Aïe !!!


En ce moment, plusieurs de mes élèves se plaignent de douleurs.

La Technique Alexander est une pédagogie, et non un soin. Alors comment réagir ?

Tout d’abord, je les invite à observer leur douleur, la décrire : emplacement, fréquence, intensité, moment dans la journée…Puis, nous mettons en pratique la méthode indirecte, principe important de Technique Alexander : nous revenons à l’équilibre naturel entre la tête, le cou et le dos de la personne. Une fois le cou relâché et la tête en équilibre permettant au dos de s’allonger et s’élargir, nous revenons à la zone douloureuse, pour la relâcher à son tour et, le cas échéant mais ce n’est pas obligatoire, accomplir quelques mouvements des membres ou des articulations touchés par la douleur.

L’expérience du relâchement profond apaise la douleur et évite les tensions souvent inutiles faites inconsciemment pour la compenser.

Nous avons obtenu des résultats, parfois immédiatement en fin de leçon, parfois dans les jours qui suivent la leçon. Cependant, j’insiste auprès de mes élèves : je ne suis pas médecin et les invite à consulter si leur douleur persiste.

 

La leçon après la leçon


Une de mes élèves a une habitude que nous avons observée, sans juger bien sûr : elle raccourcit son dos en se courbant du côté droit. Une opération de la hanche qui ne s’ est pas bien passée y probablement pour beaucoup. Alors que notre leçon était terminée et que nous avions réussi à éviter plusieurs fois ce raccourcissement pendant notre travail, elle commença à enfiler son pull-over. Et à ce moment, son habitude réapparut, très marquée. Ce fut l’ occasion de lui en faire la remarque, et de l’ inviter à :

  • reconnaître la force de cette habitude, sans la juger
  • éviter de vouloir se précipiter à la corriger
  • marquer un temps d’ arrêt
  • relâcher les muscles de son cou, pour permettre à sa tête d’ aller vers l’ avant et le haut et à son dos de s’ allonger et s’ élargir
  • puis recommencer à enfiler son pull.

En moins d’ une minute nous avons redécouvert les bases de la Technique Alexander.

Je suis convaincu de l’ efficience de ces mini-leçons appliquées à une situation quotidienne courante (enfiler un vêtement, signer le chèque, marcher vers la sortie…), alors que la leçon « classique » est censée être terminée : c’ est court, bienveillant, pratique, et cela résume ce que l’ on voit en détail lors de la formation.