Douleurs…


Lorsqu’un élève se plaint de douleurs avant de commencer une leçon ou pendant une leçon, mon principe est de n’effectuer des mouvements qu’avec beaucoup de douceur et de précautions, et d’éviter dans un premier temps, parfois même pendant toute la leçon, un travail sur la zone douloureuse. Cela s’appelle pratiquer une méthode indirecte.

Je ne soigne pas, j’apprends à faire les choses avec la juste quantité d’énergie nécessaire, ni plus, ce qui développe stress et tensions, ni moins, ce qui conduit à l’échec.

Et nous attendons de voir si les douleurs s’apaisent ; cela peut arriver ou non, ou survenir plus tard.

Mouvement !


Un de mes élèves n’aime pas rester immobile longtemps. Or, en Technique Alexander, le temps d’arrêt avant l’action est un paramètre incontournable : ce court instant (une fraction de seconde suffit parfois) permet d’éviter de réagir par habitude, avec de fortes chances d’associer des tensions inutiles à l’activité, en particulier dans les muscles du cou.

Alors, pendant une leçon, devons-nous accomplir beaucoup de mouvements tels que décrits dans les procédures de la Technique, ou bien aller quelque peu à l’encontre du souhait de l’élève, et prendre le temps de se préparer avant de bouger ? Il y a un équilibre à découvrir, différent à chaque leçon :

  • accomplir des mouvements de base de la Technique sans conscience serait sans danger, certes, (ils sont très doux), mais inutile ;
  • forcer l’élève à rester trop longtemps immobile serait intrusif par rapport à sa manière d’être, avec pour conséquences tensions et résistances.

Cette recherche, parmi bien d’autres, fait l’intérêt de chaque leçon avec cet élève.

Travailler avec des élèves âgés


L’âge de mes élèves s’étend de 12 à 89 ans.

Il n’y a pas d’âge pour apprendre la Technique Alexander et en retirer des bienfaits. Le travail avec des personnes âgées est très stimulant en ce qu’il aboutit parfois à des résultats précieux pour l’élève : une de mes élèves, retraitée, avait des difficultés à marcher et n’allait plus en courses. Après plusieurs leçons elle a recommencé à faire son marché, aller chez le boulanger ou le pharmacien, commerçants heureusement situés assez près de son domicile.

En revanche, dans d’autres occasions avec les élèves âgés, j’observe fréquemment l’expression d’idées pré-conçues, comme : “je n’ai pas (plus) d’équilibre”, “je ne n’ai aucune force”, “cette douleur-là ne partira pas, je l’ai depuis si longtemps”… Je dois répéter plusieurs fois que, sans ignorer une difficulté, il est important d’accepter la possibilité du changement. L’idée pré-conçue nous enferme dans la rigidité, la tension mentale, qui se répercutent en tension physique.

“Vous n’avez plus d’équilibre, dites-vous, et bien “Stop”, arrêtons cette pensée, juste un moment, accomplissons quelques pas, asseyons-nous, marchons, bougeons les bras… et observons sans juger, puis accomplissons ces activités en pensant vers le haut, avec le cou libre, le dos allongé et élargi, et laissons venir ce qui survient, quel que soit le résultat”. Et  prenons notre temps.

Vocabulaire


En Technique Alexander, nous aimons bien utiliser les mots avec précision, et je suis parfois amené à préciser quelques expressions avec mes élèves :

  • au lieu de “nous concentrer”, nous préférons dire “porter notre attention sur…” : la concentration se réfère à un effort mental, qui peut être source de tensions ; parler d’attention nous semble plus neutre.
  • au lieu de parler de “se relaxer” ou de “relaxation”, nous préférons dire “relâcher [telle ou telle partie du corps]” : la relaxation se réfère à d’autres techniques, dont les protocoles peuvent être différents de ceux de la Technique Alexander.
  • au lieu de “postures”, nous préférons utiliser le terme “directions” : une posture est un but à atteindre, quelque chose à bien faire, pour être en équilibre, se tenir droit…; une direction est une pensée, qui va nous orienter vers un équilibre juste, après nous avoir invité à abandonner des habitudes nuisibles.
  • au lieu “d’exercices”, nous parlons de processus (ou procédures, mais pas dans le sens juridique, dans le sens façon de procéder, marche à suivre) : un processus de Technique Alexander (s’asseoir, poser les mains sur le dossier d’une chaise, marcher…) est une occasion de bouger tout en restant en contact avec notre équilibre naturel tête/cou/dos ; il vaut mieux ne pas accomplir tout ou partie du mouvement et garder cet équilibre, plutôt que de le faire en étant inutilement tendu, déséquilibré ou non coordonné.

 

Dormir (suite)


Une élève souffre de douleurs lombaires qui se manifestent la nuit ou au réveil. Après un travail global en Technique Alexander et quelques discussions, nous observons que deux paramètres peuvent apaiser ces douleurs :

  1. le choix d’une bonne literie (matelas de dureté moyenne, sommier…) en remplacement d’un système de couchage ancien (matelas usagé, à même une planche…)
  2. l’observation de quelques principes lors de mouvements nocturnes lorsqu’elle est réveillée par des douleurs :
  • retarder : avant de se jeter sur un mouvement (et si la douleur est supportable bien sûr), observer un temps d’arrêt et penser à relâcher son cou
  • respirer : d’une respiration calme, naturelle, légèrement abdominale, sans forcer, en évitant de bloquer la respiration pendant le ou les mouvement(s)
  • ralentir : effectuer les mouvements (comme passer de la position sur le dos à une position sur le côté…) posément, en pensant à ce que ce soit la tête qui guide et le corps qui suive, et à éviter, autant que faire se peut, les torsions du corps.