Quelle heure est-il ?


Combien de fois par jour regardons-nous l’heure ? Et combien de fois la regardons-nous inutilement ?

Lorsque le temps d’une activité (réunion, travail à faire, pause…) est planifié, il est sans doute utile de vérifier que l’on n’est pas en train de dépasser le temps imparti, mais pas trop souvent, au risque de se créer des tensions inutiles en accordant à la tenue du plan plus d’importance qu’à la tâche elle-même.

Et puis, il y a  toutes les occasions où regarder l’heure ne sert à rien d’autre qu’à céder à l’impatience : je me trouve face à un retard difficile ou impossible à évaluer et auquel je ne peux rien changer (train arrêté à cause d’un incident technique, embouteillages, interlocuteur en retard à un rendez-vous…). Je n’ai pas prise sur l’évènement. Alors pourquoi regarder ma montre plusieurs fois de suite et m’énerver ? Autant ne rien faire ou profiter du temps disponible pour une activité imprévue, et si possible agréable ! 

La prochaine fois que vous aurez envie de regarder votre montre, vous pouvez vous donner un temps d’arrêt et vous demander en quoi connaître l’heure va vous être utile. Vous serez peut-être surpris de la réponse. Si vous décidez d’agir ainsi pendant une journée, vous allez probablement vous amuser d’observer combien ce temps d’arrêt peut  sembler difficile à respecter, et vous serez peut-être un peu plus détendu que d’habitude en fin de journée.

 

Eviter de répondre immédiatement !!!


Je marche dans la rue, vers un rendez-vous dont le contenu occupe une partie de mes pensées. Mon téléphone mobile sonne. Je ne le connecte pas immédiatement (le temps d’arrêt de la Technique Alexander !). Mais après quelques sonneries, je regarde qui m’appelle : une élève  ! Je fais l’hypothèse que c’est pour prendre rendez-vous et qu’il serait peut-être inélégant de la laisser déposer un message sur la boîte vocale. Je prends la communication. Pour fixer un rendez-vous efficacement, il me faut trouver un agenda, des lunettes, un crayon, un endroit pour poser l’agenda ! Je pose le téléphone sur le rebord du mur d’entrée d’un immeuble, qui me servira bientôt de bureau, j’extrais l’agenda de mon sac à dos, le crayon de ma poche, décide de me passer de lunettes, parce qu’elle sont enfouies au fond du sac. Je reprends le téléphone, et en organisant notre prochaine leçon, je me perds dans une confusion de dates, que nous rectifions avec le sourire. J’observe qu’en parallèle mon cou est en train de se crisper, avec pour conséquence une vilaine écriture sur l’agenda, et un sentiment de léger énervement.

Il aurait mieux valu, pour la qualité de ma relation dynamique tête/cou/dos, que je ne réponde pas au téléphone dans des conditions où cela n’était ni confortable ni nécessairement urgent.

Mais bon, cette fois-ci la force de l’habitude (en l’occurrence foncer droit au but) a pris le pas sur ma compétence à me donner un temps d’arrêt pour me recentrer avant l’activité.

Energie


Après un moment passé en « repos actif », cette procédure de Technique Alexander qui se pratique allongé(e), et pendant laquelle le professeur vous invite à relâcher consciemment articulations et muscles, une de mes élèves souligne qu’elle se sent bien et pleine d’énergie, alors qu’elle était arrivée fatiguée et tendue.

On croit habituellement que pour trouver de l’énergie, il faut bouger, faire de la gym…Certes cela peut contrer l’apathie, mais si l’on n’est pas préparé, en l’occurence si nous nous lançons dans l’action avec les muscles du cou trop contractés toutes nos articulations seront inutilement tendues et nous serons mal coordonnés. Alors plus nous bougerons, plus nous nous nous utiliserons de manière nocive.

Le secret de notre Technique réside dans la préparation avant toute activité : se donner un temps d’arrêt pour se détendre et se recentrer. Le repos génère de l’énergie.

 

Douleurs… (suite)


Récemment, un de mes élèves se plaignait de violentes douleurs dans le haut du bras gauche, l’épaule gauche et le trapèze gauche lorsqu’il voulait effectuer des mouvements avec son bras gauche, en particulier lever la main pour prendre des objets…

Nous avons commencé à travailler dans la globalité de sa relation tête-cou-dos, l’élève se tenant debout, puis assis. Ensuite, nous avons travaillé sur son bras droit, accomplissant différents mouvements, sans difficulté.

Lorsque nous avons commencé des mouvements, très délicatement, avec le bras gauche, quelques légères douleurs ont surgi. Alors, je lui ai demandé de penser que sa main gauche s’élevait vers le plafond, encore plus loin que ce que la droite venait d’accomplir, MAIS SANS RIEN FAIRE avec son bras gauche. 

Faisons confiance au non-faire pour générer de la détente dans les muscles, du relâchement dans les articulations.

Nous répéterons ce processus si besoin, et évaluerons plus tard son résultat dans le soulagement de la douleur.

Non-faire


Il est parfois surprenant de commencer une leçon de Technique Alexander en invitant l’élève à rester quelques instants immobile, (assis ou debout en fonction de son état de fatigue) et à prendre contact avec son environnement :

  • quel est le contenu de son champ visuel, les formes, précises ou imprécises, les couleurs, les lumières…
  • quels sont les sons qu’il perçoit
  • quelle sensation a-t-il du contact de l’air ambiant sur sa peau
  • quel est le contact de ses pieds avec le sol
  • est-ce qu’il perçoit des zones de tensions dans son corps
  • etc, etc

Cette simple auto-observation peut être l’occasion de se détendre sans rien faire, et lorsque nous arrivons à la directive « je laisse mon cou libre », le cou peut se révéler déjà assez relâché, comme par enchantement !