Vie quotidienne


J’apprécie lorsque mes élèves me font remarquer combien la vie quotidienne est propice à appliquer la Technique Alexander. Le champ d’observation est infini : il peut nous arriver de nous brosser les dents avec trop de brutalité ; de boire en baissant notre visage vers le verre au lieu de le porter  doucement à nos lèvres ; de casser notre dos en voulant regarder ou atteindre un objet haut placé, de nous avachir dans le canapé devant le téléviseur, de nous crisper sur le volant de notre véhicule…Dans toutes ces situations pourquoi se précipiter, pourquoi perdre notre relation dynamique naturelle tête/cou/dos, pourquoi générer trop de tensions inutiles donc nuisibles.

Contentons-nous d’observer notre fonctionnement, de nous questionner sur la manière dont nous nous utilisons, et de penser à nous donner un temps d’arrêt, avec la perspective de nous y prendre autrement.

Neige !


Il neige sur la France. Le ciel est gris, nous mettons souvent nos mains dans nos poches, cachons notre visage derrière un gros foulard, resserrons nos épaules vers l’avant et courbons le dos. Et si nous nous contentions de bien nous couvrir, en continuant à « penser vers le haut », à relâcher notre cou bien emmitouflé dans son foulard, en évitant d’interférer avec la position naturelle de notre dos allongé et élargi, aurions-nous plus ou moins froid ??

Cela vaut la peine d’être expérimenté, observé…

Dire ou ne pas dire


Lors d’une leçon de Technique Alexander, nous pouvons observer des changements dans les habitudes posturales, gestuelles, mentales de l’élève. Il est de la responsabilité du professeur de décider de partager ses observations avec l’élève.

S’il lui fait part de la disparition d’une habitude nocive qui interfère avec ses mécanismes naturels de fonctionnement, l’élève risque de vouloir garder cet acquis et les sensations associées, avec pour conséquence de ne plus appliquer un des principes de base de la Technique : se donner un temps d’arrêt avant l’action et penser à laisser son cou libre, diriger sa tête vers l’avant et vers le haut, en permettant à son dos de s’allonger et s’élargir. Cette Technique repose sur un renouvellement permanent de notre contact avec notre relation naturelle tête/cou/dos, par un processus de non-faire (le temps d’arrêt) et de pensée (relâcher ce qui est inutilement tendu). On ne peut s’accrocher à des sensations passées.

Si le professeur ne donne aucun retour ou très peu, l’élève risque de se sentir perdu dans sa progression vers plus d’autonomie.

Bref, il n’y a pas de règle en la matière ; les choses se découvrent et se décident dans l’instant. Un principe intéressant toutefois est de rester à l’écoute des changements que l’élève découvre de lui-même, et de les reformuler, lorsque son observation est juste.

Leçon-minute


Avec mes nouveaux élèves, nous observons parfois, au moment du départ après la leçon, un retour inattendu d’une ou deux habitudes qui interfèrent avec leur équilibre naturel :

  • courber son dos et se crisper sur le stylo pour noter le prochain rendez-vous (ou remplir un chèque !) ;
  • courber son dos et rentrer le tête dans les épaules en enfilant son manteau…

C’est l’occasion de revisiter calmement un principe important de notre enseignement : reconnaître la force de l’habitude. Nous nous amusons de la situation et prenons juste une ou deux minutes pour décrire l’habitude, l’observer, l’accepter, puis se donner un temps d’arrêt de quelques secondes pour penser à la liberté du cou … et laisser les choses se faire toutes seules.

Appliquer la Technique Alexander


Certains de mes élèves m’expliquent comment ils mettent en pratique la Technique Alexander dans leur vie quotidienne : changer une manière d’étendre du linge, en évitant de tirer la tête vers l’arrière et vers le bas, trouver une nouvelle manière de s’asseoir face à son écran d’ordinateur portable, en variant position assise en tailleur et position assise sur une chaise, changer une façon de se tenir sous la douche, en évitant de raccourcir le dos au niveau des lombaires, … J’apprécie qu’ils(elles) inventent par eux-mêmes les solutions qui leur conviennent, à partir des principes que nous avons abordés pendant les leçons. C’est avec ce travail que leur façon de s’utiliser sans tensions inutiles devient durable ; il respecte leur rythme d’apprentissage et de leur capacité d’initiative (je ne demande rien, je les laisse faire), ainsi que de leur créativité (ils sont libres de leurs méthodes).