Douleurs…


Lorsqu’un élève se plaint de douleurs avant de commencer une leçon ou pendant une leçon, mon principe est de n’effectuer des mouvements qu’avec beaucoup de douceur et de précautions, et d’éviter dans un premier temps, parfois même pendant toute la leçon, un travail sur la zone douloureuse. Cela s’appelle pratiquer une méthode indirecte.

Je ne soigne pas, j’apprends à faire les choses avec la juste quantité d’énergie nécessaire, ni plus, ce qui développe stress et tensions, ni moins, ce qui conduit à l’échec.

Et nous attendons de voir si les douleurs s’apaisent ; cela peut arriver ou non, ou survenir plus tard.

Mouvement !


Un de mes élèves n’aime pas rester immobile longtemps. Or, en Technique Alexander, le temps d’arrêt avant l’action est un paramètre incontournable : ce court instant (une fraction de seconde suffit parfois) permet d’éviter de réagir par habitude, avec de fortes chances d’associer des tensions inutiles à l’activité, en particulier dans les muscles du cou.

Alors, pendant une leçon, devons-nous accomplir beaucoup de mouvements tels que décrits dans les procédures de la Technique, ou bien aller quelque peu à l’encontre du souhait de l’élève, et prendre le temps de se préparer avant de bouger ? Il y a un équilibre à découvrir, différent à chaque leçon :

  • accomplir des mouvements de base de la Technique sans conscience serait sans danger, certes, (ils sont très doux), mais inutile ;
  • forcer l’élève à rester trop longtemps immobile serait intrusif par rapport à sa manière d’être, avec pour conséquences tensions et résistances.

Cette recherche, parmi bien d’autres, fait l’intérêt de chaque leçon avec cet élève.

Premières fois


En octobre, comme tous les ans notre autotité de régulation mondiale, STAT (Society of teachers of the Alexander Technique, Londres, http://www.stat.org.uk/) nous invite à faire connaître notre activité à l’aide de leçons à tarif réduit, conférences, journées portes ouvertes…

Les leçons de découverte que j’ai données m’ont beaucoup appris :

  • une personne a semblé conclure que l’approche Technique Alexander ne lui convenait pas : les séances d’initiation à tarif réduit servent aussi à expérimenter et décider
  • une personne reviendra peut-être, mais  plus tard, faute de temps et d’argent pour le moment ; elle est néanmoins convaincue de l’efficience du travail proposé ; je préfère cette attitude, où l’élève s’engage lorsqu’il se sent prêt, à celle où il se jette sur quelques leçons et abandonne rapidement, parce que justement il découvre qu’il manque de temps, d’argent, habite trop loin du lieu des cours, n’a plus très envie…
  • une personne a profité d’un week-end à Paris pour me voir et parler de son apprentissage en province ; cette démarche m’a fait penser à celle des musiciens qui travaillent avec un professeur et à l’occasion d’un stage ou de quelques leçons voient quelqu’un d’autre ; cela permet de prendre du recul, d ‘expérimenter un autre point de vue, souvent de débloquer des choses que l’on arrivait pas à comprendre.

Ce ne sont que quelques expériences nouvelles de ce mois d’octobre ; riches d’enseignement.

 Laisser le cou libre

Dire ou ne pas dire


Lors d’une leçon de Technique Alexander, nous pouvons observer des changements dans les habitudes posturales, gestuelles, mentales de l’élève. Il est de la responsabilité du professeur de décider de partager ses observations avec l’élève.

S’il lui fait part de la disparition d’une habitude nocive qui interfère avec ses mécanismes naturels de fonctionnement, l’élève risque de vouloir garder cet acquis et les sensations associées, avec pour conséquence de ne plus appliquer un des principes de base de la Technique : se donner un temps d’arrêt avant l’action et penser à laisser son cou libre, diriger sa tête vers l’avant et vers le haut, en permettant à son dos de s’allonger et s’élargir. Cette Technique repose sur un renouvellement permanent de notre contact avec notre relation naturelle tête/cou/dos, par un processus de non-faire (le temps d’arrêt) et de pensée (relâcher ce qui est inutilement tendu). On ne peut s’accrocher à des sensations passées.

Si le professeur ne donne aucun retour ou très peu, l’élève risque de se sentir perdu dans sa progression vers plus d’autonomie.

Bref, il n’y a pas de règle en la matière ; les choses se découvrent et se décident dans l’instant. Un principe intéressant toutefois est de rester à l’écoute des changements que l’élève découvre de lui-même, et de les reformuler, lorsque son observation est juste.

Leçon-minute


Avec mes nouveaux élèves, nous observons parfois, au moment du départ après la leçon, un retour inattendu d’une ou deux habitudes qui interfèrent avec leur équilibre naturel :

  • courber son dos et se crisper sur le stylo pour noter le prochain rendez-vous (ou remplir un chèque !) ;
  • courber son dos et rentrer le tête dans les épaules en enfilant son manteau…

C’est l’occasion de revisiter calmement un principe important de notre enseignement : reconnaître la force de l’habitude. Nous nous amusons de la situation et prenons juste une ou deux minutes pour décrire l’habitude, l’observer, l’accepter, puis se donner un temps d’arrêt de quelques secondes pour penser à la liberté du cou … et laisser les choses se faire toutes seules.