Exercices ???
Parfois, mes élèves me disent que les “exercices” de Technique Alexander leur sont utiles ou leur font du bien. Je suis alors amené à reprendre leur expression : Alexander refusait le terme d’exercices pour qualifier la pratique de sa Technique. Il s’agit de processus (ou “procédures”, dans le sens “méthodes”, pas dans le sens juridique bien-sûr). La nuance peut sembler futile. Il n’en n’est rien : le danger de parler d’exercices est l’analogie avec les exercices de gymnastique, que l’on exécute systématiquement, avec l’idée de bien les faire et d’en faire le plus possible, pour se muscler, s’assouplir, s’étirer, etc. Les exercices sont centrés sur le but, le “faire”. La Technique Alexander est une approche par les moyens, le non-faire, la conscience de ce qui se passe. Dès que nous observons que notre cou se raidit, que notre tête cesse de se diriger vers l’avant et vers le haut, que notre dos se raccourcit, il est plus important d’interrompre un processus de Technique Alexander et de revenir à notre équilibre naturel “tête/cou/dos”, que d’accomplir le mouvement à tout prix. Le processus n’est qu’un prétexte pour entrer en contact avec l’équilibre tête/cou/dos. On peut à tout moment décider de ne rien faire, ou de le remplacer par un autre. Ce n’est pas un exercice.
Aïe !!!
En ce moment, plusieurs de mes élèves se plaignent de douleurs.
La Technique Alexander est une pédagogie, et non un soin. Alors comment réagir ?
Tout d’abord, je les invite à observer leur douleur, la décrire : emplacement, fréquence, intensité, moment dans la journée…Puis, nous mettons en pratique la méthode indirecte, principe important de Technique Alexander : nous revenons à l’équilibre naturel entre la tête, le cou et le dos de la personne. Une fois le cou relâché et la tête en équilibre permettant au dos de s’allonger et s’élargir, nous revenons à la zone douloureuse, pour la relâcher à son tour et, le cas échéant mais ce n’est pas obligatoire, accomplir quelques mouvements des membres ou des articulations touchés par la douleur.
L’expérience du relâchement profond apaise la douleur et évite les tensions souvent inutiles faites inconsciemment pour la compenser.
Nous avons obtenu des résultats, parfois immédiatement en fin de leçon, parfois dans les jours qui suivent la leçon. Cependant, j’insiste auprès de mes élèves : je ne suis pas médecin et les invite à consulter si leur douleur persiste.
A méditer !
"Inspirer et expirer permet de se débarrasser du vicié et de prendre du frais. Bouger comme un ours et s’ étendre comme un oiseau permet d’ accroître la longévité"
Lao-tseu
« En bas, tous les oiseaux se glacent et tous les hommes se protègent. Tu marches un peu plus haut, mais le bonheur est difficile. Tu risques à chaque pas, tu avances docile. »
Philippe Delerm, « Le Bonheur »
Quel temps fait-il ?
Récemment, une de mes élèves m’ a fait remarquer qu’avec les premiers froids il pouvait lui être difficile de relâcher les muscles du cou, les articulations…Son observation m’ a invité à être encore plus attentif à la manière dont mes étudiants reçoivent et appliquent mes instructions de détente pendant les leçons. Et bien oui, une réaction habituelle au froid consiste à contracter tout le corps ; aussi, entrer en contact avec les équilibres de base de la Technique Alexander (« laisser le cou libre, pour permettre à la tête de se diriger vers l’ avant et vers le haut et au dos de s’ allonger et s’ élargir ») peur requérir un peu plus de vigilance et de pensée lorsque la température chute….




