Dormir (suite)


Une élève souffre de douleurs lombaires qui se manifestent la nuit ou au réveil. Après un travail global en Technique Alexander et quelques discussions, nous observons que deux paramètres peuvent apaiser ces douleurs :

  1. le choix d’une bonne literie (matelas de dureté moyenne, sommier…) en remplacement d’un système de couchage ancien (matelas usagé, à même une planche…)
  2. l’observation de quelques principes lors de mouvements nocturnes lorsqu’elle est réveillée par des douleurs :
  • retarder : avant de se jeter sur un mouvement (et si la douleur est supportable bien sûr), observer un temps d’arrêt et penser à relâcher son cou
  • respirer : d’une respiration calme, naturelle, légèrement abdominale, sans forcer, en évitant de bloquer la respiration pendant le ou les mouvement(s)
  • ralentir : effectuer les mouvements (comme passer de la position sur le dos à une position sur le côté…) posément, en pensant à ce que ce soit la tête qui guide et le corps qui suive, et à éviter, autant que faire se peut, les torsions du corps.

Dormir


Mes élèves pratiquent parfois le “repos actif” décrit sur mon site à l’adresse

http://tech-alexander.eu/Alexander2exercice.aspx

Plusieurs fois, ils m’ont fait remarquer qu’en fin de journée, cette procédure pouvait les inviter au sommeil, alors que l’on est censé rester éveillé, et observer ce qui se passe en nous, comme autour de nous. A la réflexion,  je crois que nous pouvons accepter de dormir quelques instants en position de “repos actif”. Cela ne peut durer, parce qu’avec la détente profonde des articulations pendant l’assoupissement, les jambes vont basculer vers l’extérieur, les genoux s’écartant l’un de l’autre (ou parfois, mais rarement, vers l’intérieur, les genoux se rapprochant l’un de l’autre). Pendant le sommeil, le corps, supporté par le sol, avec le dos bien déroulé dans le tapis de gymnastique sur lequel l’on s’est allongé, va entrer en contact avec les pensées inconscientes ; de cette “connexion” résultera peut-être, une fois l’état de veille revenu, une relation, plus ou moins réflexe, avec nos directions premières : le cou libre, pour permettre à la tête d’aller vers l’avant et vers le haut (si l’on est debout, si l’on est allongé, on pensera qu’elle s’éloigne de la colonne vertébrale), et au dos de s’allonger et de s’élargir.

Bref, il n’est pas interdit de somnoler quelques instants à l’occasion d’un “repos actif”.

 

 

Appliquer la Technique Alexander


Certains de mes élèves m’expliquent comment ils mettent en pratique la Technique Alexander dans leur vie quotidienne : changer une manière d’étendre du linge, en évitant de tirer la tête vers l’arrière et vers le bas, trouver une nouvelle manière de s’asseoir face à son écran d’ordinateur portable, en variant position assise en tailleur et position assise sur une chaise, changer une façon de se tenir sous la douche, en évitant de raccourcir le dos au niveau des lombaires, … J’apprécie qu’ils(elles) inventent par eux-mêmes les solutions qui leur conviennent, à partir des principes que nous avons abordés pendant les leçons. C’est avec ce travail que leur façon de s’utiliser sans tensions inutiles devient durable ; il respecte leur rythme d’apprentissage et de leur capacité d’initiative (je ne demande rien, je les laisse faire), ainsi que de leur créativité (ils sont libres de leurs méthodes).

Mélanges…


Une de mes élèves se plaint de douleurs dans l’épaule gauche et le haut du bras gauche. Son médecin lui a prescrit des séances de kinésithérapie. Le kinésithérapeute pense que le mal vient de “l’usure de l’articulation” (due à l’âge, mon élève a 87 ans). Le fait que la douleur se manifeste par crises serait probablement du à une inflammation. Il fait un travail de petits mouvements du bras gauche, en recommandant à la personne de se détendre, pour éviter de stimuler la douleur en contractant l’articulation. J’ai parlé avec lui : il a observé qu’avec le travail de Technique Alexander, sa patiente était plus détendue.

Pendant les leçons de Technique Alexander, je travaille beaucoup sur la relation dynamique tête/cou/dos, et j’encourage le relâchement du cou de mon élève. J’ai rapidement renoncé à tout travail spécifique sur le bras gauche, laissant ce soin au kinésithérapeute.

Les douleurs de notre élève/patiente ont beaucoup diminué ces derniers temps.

Je crois à la complémentarité entre la formation en Technique Alexander et les soins pour venir à bout de certaines douleurs.

Surprise !


Alors que j’avais invité une de mes élèves à réfléchir, entre deux leçons, à la manière dont elle se tient devant son écran d’ordinateur lorsqu’elle travaille, à la leçon suivante, elle me demande mon avis sur sa manière de marcher…Après que j’eus observé qu’elle marchait de manière dirigée (notamment avec la tête qui guide les mouvements de marche et avec toute la longueur de son dos), nous avons convenu qu’elle avait évolué dans la bonne direction depuis le début de ses leçons. Et je me suis réjoui (intérieurement, sans formuler de commentaires) qu’elle ait décidé de porter son attention sur la marche, plutôt que de suivre docilement ma recommandation. Une belle preuve d’autonomie et d’esprit d’initiative, cohérente avec l’enseignement de la Technique Alexander !