Citations


Laissons-nous aujourd’hui gagner par le plaisir de trouver des citations plus ou moins anciennes qui évoquent notre Technique Alexander, de manière bien involontaire, l’auteur n’en ayant jamais entendu parler !

 1. Reconnaître la force de l’habitude

« Nous sommes automate autant qu’esprit » [Pascal]

« J’ai peur que la nature ne soit elle-même qu’une première coutume, tout comme la coutume est une seconde nature » [Pascal]

2. Mettre en doute la manière dont nous percevons nos sensations

« Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût diffèrent, créent autant de vérités qu’il y a d’hommes sur la terre. » [Guy de Maupassant]

« Les yeux et tous nos sens ne sont que des messagers d’erreurs et des courriers de mensonges. Ils nous abusent plus qu’ils ne nous instruisent. » [Anatole France]

 3. Se donner un temps d’arrêt avant d’agir, expérimenter le « non-faire »

« Il faut perdre la moitié de son temps pour pouvoir employer l’autre. » [John Locke]

« Le sage, sans agir, œuvre. » [Lao-Tseu]

 4. Se donner des « directions » (pensées servant à mieux canaliser l’effort mental et physique avant l’action)

« Les formes et les choses se manifestent à celui qui n’est pas attaché à son être propre. Dans ses mouvements, il est comme l’eau ; dans son repos il est comme un miroir, et dans ses réponses, il est comme l’écho. » [Lao-Tseu]

5. Entrer en contact avec son équilibre naturel tête/cou/dos (cou libre, tête vers l’avant et vers le haut, dos qui s’allonge et s’élargit).

« Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin. » [Proverbe chinois]

 

Quelle heure est-il ?


Combien de fois par jour regardons-nous l’heure ? Et combien de fois la regardons-nous inutilement ?

Lorsque le temps d’une activité (réunion, travail à faire, pause…) est planifié, il est sans doute utile de vérifier que l’on n’est pas en train de dépasser le temps imparti, mais pas trop souvent, au risque de se créer des tensions inutiles en accordant à la tenue du plan plus d’importance qu’à la tâche elle-même.

Et puis, il y a  toutes les occasions où regarder l’heure ne sert à rien d’autre qu’à céder à l’impatience : je me trouve face à un retard difficile ou impossible à évaluer et auquel je ne peux rien changer (train arrêté à cause d’un incident technique, embouteillages, interlocuteur en retard à un rendez-vous…). Je n’ai pas prise sur l’évènement. Alors pourquoi regarder ma montre plusieurs fois de suite et m’énerver ? Autant ne rien faire ou profiter du temps disponible pour une activité imprévue, et si possible agréable ! 

La prochaine fois que vous aurez envie de regarder votre montre, vous pouvez vous donner un temps d’arrêt et vous demander en quoi connaître l’heure va vous être utile. Vous serez peut-être surpris de la réponse. Si vous décidez d’agir ainsi pendant une journée, vous allez probablement vous amuser d’observer combien ce temps d’arrêt peut  sembler difficile à respecter, et vous serez peut-être un peu plus détendu que d’habitude en fin de journée.

 

Eviter de répondre immédiatement !!!


Je marche dans la rue, vers un rendez-vous dont le contenu occupe une partie de mes pensées. Mon téléphone mobile sonne. Je ne le connecte pas immédiatement (le temps d’arrêt de la Technique Alexander !). Mais après quelques sonneries, je regarde qui m’appelle : une élève  ! Je fais l’hypothèse que c’est pour prendre rendez-vous et qu’il serait peut-être inélégant de la laisser déposer un message sur la boîte vocale. Je prends la communication. Pour fixer un rendez-vous efficacement, il me faut trouver un agenda, des lunettes, un crayon, un endroit pour poser l’agenda ! Je pose le téléphone sur le rebord du mur d’entrée d’un immeuble, qui me servira bientôt de bureau, j’extrais l’agenda de mon sac à dos, le crayon de ma poche, décide de me passer de lunettes, parce qu’elle sont enfouies au fond du sac. Je reprends le téléphone, et en organisant notre prochaine leçon, je me perds dans une confusion de dates, que nous rectifions avec le sourire. J’observe qu’en parallèle mon cou est en train de se crisper, avec pour conséquence une vilaine écriture sur l’agenda, et un sentiment de léger énervement.

Il aurait mieux valu, pour la qualité de ma relation dynamique tête/cou/dos, que je ne réponde pas au téléphone dans des conditions où cela n’était ni confortable ni nécessairement urgent.

Mais bon, cette fois-ci la force de l’habitude (en l’occurrence foncer droit au but) a pris le pas sur ma compétence à me donner un temps d’arrêt pour me recentrer avant l’activité.

Fantôme


Le  dictionnaire Larousse définit un fantôme comme « l’apparition d’un défunt sous l’aspect d’un être réel ; un revenant. »

Un de mes élèves m’a demandé si avec le travail Alexander l’on pouvait éliminer les habitudes nocives.

Malheureusement, il existe une force de l’habitude qu’il nous faut reconnaître. Aussi, même si l’on sait empêcher consciemment une habitude de nous nuire, grâce au processus du temps d’arrêt et des directives que l’on se donne pour se recentrer, l’on ne peut empêcher qu’elle survienne à un moment ou un autre.

« Les habitudes seraient immortelles, donc… » m’a-t-il déclaré. « Elles peuvent s’apaiser avec le travail », lui ai-je répondu. « Alors ce sont des fantômes… ».

Pourquoi pas : après tout, les fantômes sont assez légers, et se dirigent facilement vers le haut !!

Vie quotidienne


J’apprécie lorsque mes élèves me font remarquer combien la vie quotidienne est propice à appliquer la Technique Alexander. Le champ d’observation est infini : il peut nous arriver de nous brosser les dents avec trop de brutalité ; de boire en baissant notre visage vers le verre au lieu de le porter  doucement à nos lèvres ; de casser notre dos en voulant regarder ou atteindre un objet haut placé, de nous avachir dans le canapé devant le téléviseur, de nous crisper sur le volant de notre véhicule…Dans toutes ces situations pourquoi se précipiter, pourquoi perdre notre relation dynamique naturelle tête/cou/dos, pourquoi générer trop de tensions inutiles donc nuisibles.

Contentons-nous d’observer notre fonctionnement, de nous questionner sur la manière dont nous nous utilisons, et de penser à nous donner un temps d’arrêt, avec la perspective de nous y prendre autrement.