Aïe[3]


J’ai trouvé ce point de vue, dont je suis assez proche, sur un groupe de discussion anglo-saxon auquel je suis abonné :

« La douleur est quelque chose à  écouter et à observer, sans vouloir y résister. On peut appeler « souffrance » la résistance à la douleur. Moins de résistance, moins de souffrance. »

« Pain is something to listen and follow and not to resist to. We can call « suffering » the resistence to pain. Less resistence, less suffering.  »

Aïe [2]


La semaine dernière, il m’est arrivé deux expériences intéressantes : en début de leçon, deux de mes élèves se plaignaient de douleurs, la partie droite du  cou et une raideur dans la jambe droite pour l’un, un point douloureux à la hanche gauche et une jambe gauche sensible pour l’autre.

Plutôt que de nous intéresser à la zone douloureuse, nous avons commencé par ne rien faire, juste se tenir debout calmement, prendre contact avec l’environnement extérieur au moyen d’un regard périphérique, prendre contact avec soi en respirant doucement. Puis nous avons prolongé ce temps d’arrêt par quelques mouvements très simples, s’asseoir et se lever, sur un ballon de gymnastique tenant lieu de chaise, puis sur un tabouret, mouvements empreints de non-faire et de directions (penser à la liberté des muscles de son cou, permettre à sa tête de se diriger vers l’avant et vers le haut…)

Après une vingtaine de minutes de travail, l’un comme l’autre élève, étonné (e) – une leçon s’adressait à un homme, une autre à une femme -, me fait remarquer qu’il ne ressent plus de douleur.

Cela a provoqué pour moi plusieurs pensées :

1. La Technique Alexander n’est pas une médecine ni un soin, et si elle soulage parfois certaines douleurs, ce n’est que la conséquence d’une utilisation de soi qui évite les efforts excessifs, et invite à relâcher les tensions inutiles.

2. Il y a probablement un mécanisme qui renforce certaines douleurs : la douleur crée de la tension ; le corps n’aime pas souffrir, alors il met en place de manière incontrôlée des processus de compensation, qui génèrent d’autres tensions qui renforcent la douleur etc. Si l’on commence par ne rien faire et relâcher tout ce qui peut l’être, cette mécanique de développement de tensions qui renforcent la douleur s’arrête, ou s’apaise.

3. C’est pourquoi il est important d’utiliser une méthode indirecte, de s’intéresser à la globalité tête/cou/dos et d’oublier un temps soi peu la douleur, même si cela peut sembler étrange à l’élève en début de leçon.

4. Restons très prudents : il est important de dialoguer avec les élèves à propos de la douleur et de les inviter à consulter un médecin si les douleurs persistent. Les pathologies relèvent de la médecine. Seuls quelques troubles musculaires peuvent être soulagés par une méthode psycho-corporelle comme notre Technique Alexander.

5. Dans certains cas, la combinaison soin (kiné, ostéopathie, médicaments…) et Technique Alexander pourra donner des résultats probants : si l’on s’utilise correctement, on profite mieux des soins que l’on décide d’appliquer.

A méditer !


« Vivre dans le passé est un travail pénible et solitaire ; se retourner sans cesse ne fait qu’endolorir les muscles du cou et nous force à nous cogner contre ceux qui ne suivent pas le même chemin que nous. »

« Living the past is a dull and lonely business; looking back strains the neck muscles, causing you to bump into people not going your way. »

[Edna Ferber  1885-1968]

Printemps !


Avec les beaux jours beaucoup d’entre nous portent des sandales et dénudent leurs pieds. C’est peut-être une occasion d’observation : observons, en position debout,  cette partie de notre corps qui nous soutient sur le sol.

Comment notre plante de pied est-elle en contact avec le sol : est-ce que notre poids se répartit de manière équilibrée entre l’avant des pieds et les talons ; sinon ou se porte-t-il ?

L’intérieur et l’extérieur de chaque pied sont-ils dans le même contact avec le sol (à peu près, l’auto-observation n’est pas une science exacte) ? Sinon, avons-nous tendance à porter notre poids vers l’intérieur, vers l’extérieur ?

Et nos orteils ? Sont-ils allongés, déployés en une ligne à peine courbe et harmonieuse, mobiles, ou bien sont-ils crispés, crochetés ?

Observons, de la manière la plus neutre possible. Et nous pouvons penser que si notre poids est mal réparti et nos orteils crispés, il y a certainement des tensions inutiles dans notre corps, sources d’efforts musculaires nuisibles et de déséquilibre.

Un retour aux fondamentaux de la Technique Alexander (relation dynamique tête/cou/dos) ne sera probablement pas inutile.

Stop !


« Et bien voyez-vous, si vous êtes calme et vraiment « vous arrêtant », comme aucun de nous jamais n’y parvient, alors vous ne faites rien. En particulier, vous ne faites pas de chose fausse, pour que la chose juste se fasse d’elle-même. Aussi, la relation tête-cou-dos est secondaire – elle vient de « l’arrêt ». Vous n’avez pas besoin de la connaître mais il est utile de la comprendre. La pratique est dans le « stop » – la théorie découle de votre compréhension et du recueil des vérités qui émergent de la pratique. Vous voyez les animaux se mouvoir avec beauté, mais ils ne savent pas ce qu’ils font ni comment ils le font. Alors, une fois que vous « vous arrêtez », vous pouvez commencer à faire moins avec les muscles de votre cou et ensuite la tête peut passer vers l’ avant et vers le haut d’elle-même. C’est ainsi. »

Margaret Goldie « Not To Do », page 53.